L’équation de M. James Baker

L’équation de M. James Baker

James Baker est de retour. Porteur d’une «proposition de solution politique» à la question du Sahara marocain, il va commencer à partir d’aujourd’hui une tournée des capitales régionales qui le mènera après le Maroc à Alger et à Nouakchott.
Dans cette affaire où tout est désormais limpide, on ne comprend plus ce que peut signifier encore une solution politique. La donne est claire et les positions des uns et des autres sont connues. Alger, compte tenu de ses propres intérêts, est pour la partition au détriment de la position traditionnelle du polisario, autrefois dictée par ses sponsors algériens, qui est celle de l’autodétermination tout court. Le Maroc est, quant à lui, pour une autonomie substantielle de cette région marocaine dans le cadre strict de la souveraineté nationale. Tout cela est bien connu des Nations unies et de la communauté internationale.
Tout le reste, c’est-à-dire les manoeuvres des militaires algériens qui disposent du polisario comme d’une carte stratégique toute dédiée à leur projection de puissance en même temps à l’intérieur de leur pays et dans la région, l’attitude de l’Espagne à la fois compassionnelle à l’égard des «Sahraouis» en tant qu’ex-puissance coloniale et calculée pour justement masquer le fait colonial de sa présence au Nord du Maroc relèvent, désormais, pour nous et pour les observateurs de l’évidence.
Alger et Madrid tournent le dos à l’avenir. Les opinions publiques, les plus éclairées, dans ces pays voisins commencent à saisir l’inutilité, à terme, de ces postures traditionnelles, rétrogrades et anachroniques, qui bloquent fermement, et durablement, l’évolution de la coopération dans la Méditerranée du Sud. Il est incontestable que l’entretien, par Alger et Madrid, du conflit factice autour du Sahara marocain et de l’intégrité territoriale nationale retarde l’avènement d’un « package de progrès » multilatéral seul susceptible de mettre sur les rails de la croissance, du développement et de la prospérité notre ensemble régional méditerranéen.
Si Washington et Paris adhèrent aujourd’hui à une solution politique au Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine, c’est que justement les enjeux de développement, d’intégration et de sécurité dans la région rendent dorénavant caduques les positions arrêtées de nos voisins. Sous couvert de droit des peuples à l’autodétermination, ces postures dépassées permettaient à l’un de mieux asseoir une ambition territoriale rentrée et à l’autre de masquer fermement par son soutien, surtout bruyant, au polisario la réalité coloniale de sa présence sur le territoire marocain.
Depuis le temps que James Baker suit ce dossier nous ne lui ferons pas l’affront de penser qu’il ignore cette réalité des faits. Le problème pour lui est surtout de trouver une dynamique globale susceptible de sortir ce dossier de l’ornière. Mais sur ce point précis, c’est sur Alger qu’il doit manifestement concentrer ses efforts. La solution du problème est là-bas. C’est, à présent, une équation à zéro inconnues.

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