L’essence de l’existence

L’essence de l’existence

Finalement, le combat cessera faute de combattants. La sagesse, la clairvoyance et la lucidité ont gagné. La décision royale, à travers un arbitrage magistral, a redonné un sens à la politique énergétique de notre pays. Il ne sera pas dit que, dans ce domaine, notre pays entretiendra, en dehors de toute rationalité économique et au détriment de l’intérêt du consommateur, un monopole privé juste pour s’attacher les bonnes grâces d’un «clan» prétendument solide.
Tous ceux qui ont quelques humanités n’ignorent pas que l’existence précède l’essence. Et c’est effectivement le sens des choses qui a été perdu lors des péripéties qui ont marqué la gestion de ce dossier. On a vu des libéraux mondialisés militer pour le rétablissement de droits de douane. On a observé ces mêmes libéraux globalisés faire pression sur l’administration pour garder les privilèges d’un monopole privé. On a remarqué l’action de hauts fonctionnaires qui se sont mus, à l’occasion, en VRP d’un secteur dont les intérêts dans cette affaire sont loin d’être compatibles avec ce que l’on peut considérer chez nous, avec toutes les nuances possibles, avec ce qui est supposé être l’intérêt général.
On a relevé aussi que le ministre de l’Energie, bousculé par au moins un de ses homologues, tout-puissant, a tenu bon et s’est cantonné strictement au périmètre de ses prérogatives en attendant un arbitrage qui renforce la neutralité de l’Etat et restaure l’intérêt public. Et, finalement, nous avons assisté à l’échec d’un lobbying médiatique dont l’action s’est terminée piteusement en une déconfiture que ni les budgets informels engloutis ni l’usage patenté à contre-emploi de certaines tribunes n’ont pu atténuer.
Aujourd’hui le raffineur «national» unique devra tourner une page de son existence. La clarification du cadre légal de son action et le renouvellement de son management avec le départ prévu de son directeur général doit pouvoir favoriser une nouvelle stratégie construite sur un rapport plus sain avec les pouvoirs publics, la qualité des produits, un souci écologique plus consistant, la libre concurrence, et une politique d’investissement transparente et sérieuse. Nul ne doute que cette entreprise réussira dans ce nouveau choix stratégique et tournera le dos aux pratiques qui ont accompagné sa privatisation et dont, désormais, elle va pouvoir se défaire.

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