Lettre (à peine) ouverte à Nabil Benabdellah

Lettre (à peine) ouverte à Nabil Benabdellah

Monsieur, vous vous agitez trop. Vous avez débuté par l’ignominie et la diffamation et, aujourd’hui, vous finissez dans l’opprobre et la flétrissure. Vous avez commencé, au sujet du directeur d’Aujourd’hui Le Maroc – l’attaque est personnelle et, bien entendu, d’une vulgarité académique – par faire écrire le 3 mars dans le quotidien de votre parti à travers un porte-plume résiduel : « il existe deux yeux globuleux et une «nuque» faisant partie de ce qui reste des mercenaires des pratiques policières en voie de disparition. » Et de faire ajouter : « Au flic à la retraite, nous disons que l’opposition ne s’exerce pas depuis les bars. Et il ne suffit pas de quelques verres qui tournent la tête, d’un ventre rempli et d’yeux «exorbités». Voilà, ce que vous avez fait écrire. Cela ne nous intéresse, puisque vous êtes encore ministre, que dans la mesure où il nous informe sur la nature de votre personnalité profonde , votre fausse posture moralisatrice et votre imposture intellectuelle absolue.
Nous, nous n’avons pas besoin d’intermédiaire ou de pseudonyme pour vous dire que nous n’avons aucune estime pour vous. Pour vos pratiques staliniennes surannées. Pour vos micmacs d’arriviste ridicule. Ou pour votre bavardage insignifiant. Nous, nous n’avons pas besoin non plus d’aller pleurer dans les chaumières de Souissi, comme vous le faites à plein temps actuellement, pour négocier un retour improbable d’affection ou quémander lamentablement une « protection » contre une presse qui se fait un devoir professionnel et une obligation d’honneur de vous combattre. Monsieur, vos gémissements puérils sont la preuve irréfutable de votre vacuité.
Les yeux dans les yeux, exorbités comme vous dites, mais pas fuyant comme ceux de celui qui a mis la lâcheté au service d’une carrière d’imposteur, je vous dis, et c’est ma liberté, que vous êtes indigne d’occuper le poste que vous accaparez aujourd’hui. Jamais un ministre, de surcroît de la Communication, n’a diffamé la presse marocaine comme vous êtes en train de le faire.
La nuque raide, à la différence de ceux qui ont fait de la reptation un mode social de locomotion, du pliage de l’échine une qualité intellectuelle et de l’éloge de la trahison une devise sur leur frontispice, je vous dis, et c’est mon droit de le dire, vous ne pouvez plus exercer la responsabilité qui est encore la vôtre après vous être vautré dans la fange de l’insulte et de l’invective. Notamment à l’égard de journalistes marocains qui ont eu le malheur de ne pas avoir succombé à votre charme irrésistible de bonimenteur.
Il est vrai, Monsieur, si cela peut vous rassurer, que « les mercenaires des pratiques policières » sont en voie de disparition. Mais vous, et vos scribes, vous les incarnez d’une manière à la fois spectaculaire et minable, par vos méthodes staliniennes éculées et vos essais pitoyables d’intimidation. Ce que vous faites publier dans Al Bayane du 8 mars est, à ce titre, amplement suffisant et démonstratif. Vous suggérez, comme il se doit, dans vos malheurs, d’autres « cibles » : le ministre de l’Intérieur, « évité soigneusement », semble-t-il, par vos détracteurs et le ministre de l’Education nationale (!). Un vrai travail de porte-parole gouvernemental. Et vous expliquez, confusément, vos déconvenues par le fait que vous soyez un ministre surexposé et un dirigeant d’un parti « impliqué dans l’entreprise de modernisation et de démocratisation du pays menée par le Roi Mohammed VI. » Tout y est, une authentique culture de la délation et un vrai réflexe de « poltron » se réfugiant, à temps, sous le parapluie de la protection. Dans ce sens, la référence royale, incongrue et instrumentalisée, est supposée être absolutrice. Ceci est, bien évidemment, très petit et, surtout, consternant.
Quant aux bars, Monsieur, n’étant pas un habitué des fermetures tardives des casinos du Caire lors de voyage de rattrapage, ne faisant pas partie de votre cercle d’amis et obligés avinés, et n’ayant jamais été, comme vous, un fervent militant de la prohibition en creux, je vous laisse le soin de constater par vous-même le degré (!) d’inanité auquel sont arrivés, en titubant, vos scribes. Après la pensée unique, la pensée frelatée qui est, comme vous le savez, une idée bien vaporeuse du progrès que vous incarnez avec brio.

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