Petit bonjour

«Un prisonnier, qui purgeait une peine de 8 ans à la prison de Toulal à Meknès, s’est donné la mort mercredi soir par pendaison. Le détenu, qui portait des traces de ceinture sur son cou, s’est donné la mort juste après la rupture du jeûne, a ajouté la même source, précisant que son corps a été transporté à la morgue de l’hôpital Mohammed V de Meknès où une autopsie sera effectuée. Né en 1985 à Aït Benmoussa (Tifelt), C. Abbas, célibataire, avait été condamné à 8 ans de prison ferme pour homicide volontaire». Une vie résumée en quelques lignes. Quelques mots. Il n’a pas fallu plus à la dépêche d’agence pour cerner cette vie – une si courte vie – de 21 ans. Tout y est. Le début, la fin, le moyen, la manière, la raison et la cause. Le Ramadan. Un destin. Il a, quand même, attendu la rupture du jeûne pour partir ! A-t-il, quand même, mangé un peu ? A-t-il pris quelques forces pour se donner du courage avant de passer à l’acte ? Combien de temps était-il dans cette prison ? Etait-il seul dans sa cellule ? Qui sont ses codétenus ? Comment le traitaient-ils ? Le rédacteur, dans son urgence, ne s’est pas soucié de ces petits détails. Il est allé à l’essentiel. Mais quand interviennent les suicides en incarcération? En début ou en fin de peine ? Une ceinture. Pourquoi Abbas avait-il sur lui cette arme fatale ? Mille questions pour une vie abîmée bien avant cette issue fatale un soir du mois de ramadan à quelques heures de la Nuit du destin. Les portes du Paradis étaient-elles déjà entrouvertes ? Probablement, mais personne ne peut en être sûr.

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