Petit bonjour

Le fait que l’intégrité physique des dirigeants du Polisario, eux-mêmes, ne soit plus garantie à Tindouf, et qu’elle soit, purement et simplement, menacée par les agents de la sécurité militaire algérienne y compris dans les camps, est un vrai tournant dans cette affaire. Le message est on ne peut plus clair. Le Polisario est un jouet «stratégique», et exclusif, entre les mains d’Alger. Si d’aucuns pensent — pure figure de style, des Sahraouis notamment—, qu’ils bénéficient d’une forme quelconque d’indépendance, ils vont vite l’apprendre au détriment de leur sécurité ou carrément aux dépens de leur vie. L’autodétermination du «peuple sahraoui» à la sauce algérienne a le goût fade de la dictature militaire. Elle est surtout à sens unique. Un Sahraoui à Tindouf — y compris, désormais, un responsable au Polisario — qui pense que son destin peut se concevoir dans le cadre d’une autonomie large sous souveraineté marocaine est un Sahraoui mort. Ou disparu, ce qui revient au même. Il n’est pas incongru que le Maroc demande, bientôt, aux Nations Unies une protection spécifique pour les responsables du Polisario car plus le débat sur l’autonomie avancera, plus ils seront menacés par ceux-là qui les ont créés, manipulés et instrumentalisés contre leur propre peuple, et leur propre patrie. Si à leur égard le Maroc demeure une patrie clémente et miséricordieuse, il n’en va pas de même en Algérie où ils n’ont jamais eu de considération. Dans ce pays, le FLN en son temps avait relégué au second plan les enjeux de la démocratie au profit des enjeux de l’indépendance. Près de 50 ans après l’indépendance, le peuple algérien paie encore, dans le sang, les larmes et la violence — et ce n’est pas fini — la facture de cette erreur fondamentale. Les Sahraouis affidés d’Alger sont bien partis, eux aussi, pour payer pendant longtemps, pour la même faute originelle.

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