Petit Bonjour

Le patronyme de «Belliraj» pose un problème. En dehors du reste qui est, bien entendu, assez grave en soi. Mais son nom pose un vrai problème, quand même. Nous connaissons «Ben Laâraj», textuellement, le fils du claudiquant, de celui qui boite, du pied bot ou du clopinant. Une infirmité donnant un nom à une famille, c’est très usuel chez nous. Nous connaissons aussi, le nom «Ballaraj», qui veut dire si mes connaissances sommaires ne me trahissent pas, cigogne, le volatile. Un drôle d’oiseau, donc. Cela se dit en général d’une personne de grande taille. Grand et maigre comme une cigogne dit-on. Il arrive, aussi, que la description physique donne de la matière à un patronyme. Par contre le «Belliraj», de la police,  du nom générique de notre réseau terroriste armé — à moins que cela soit un diminutif affectueux et assez osé, de celui qui marche en point virgule, «bellîraje» — , n’est pas connu de nos listes d’état civil. Ces questions — des interrogations farfelues ? — posées à un homme très proche de l’enquête ont eu pour réponse : «Vous savez, nous dans ce genre d’affaire, on écrit sous la dictée des prévenus.» Bien envoyé! Le gars a toujours eu la langue bien pendue. «Et s’il y a eu un problème de transcription au départ, à l’inscription à l’état civil, tant que cela n’affecte pas notre enquête, cela importe peu», ajouta-t-il en guise de lapalissade. Il est vrai que cette curiosité en biais intrigue. Mais, nous sommes les premiers intrigués.

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