Petit bonjour

Les interventions de la Caisse de compensation atteindront, selon des sources officielles, 30 milliards de dirhams d’ici la fin de l’année. Ce n’est pas à proprement parler une bonne nouvelle. Elle n’est pas mauvaise non plus. Que le gouvernement essaie de rassurer et choisisse d’accompagner les classes les plus démunies face à la cherté de la vie, c’est à son honneur et c’est la moindre des choses. Mais le problème c’est que nous ne savons pas, au-delà de la volonté politique, jusqu’à quel point il peut aller dans son soutien alors que les prix flambent sur le plan mondial. On a beau vouloir circonscrire la crise localement, par des artifices locaux mais l’opinion publique sait que la pression est internationale. Et que la méthode Coué a une limite. Notre dilemme c’est que nous savons tous que les 30 milliards de la Caisse ne vont pas tous aller aux démunis et aux pauvres. Le soutien, chez nous, étant universel, tout le monde en profite. Même ceux qui n’en ont pas besoin. Il est évident que cela ne peut plus durer. Tous les Marocains admettent cette réalité et se rendent compte de la stérilité de la frustration du système actuel. Abbas El Fassi sait que c’est un sujet à émeutes. Mais il sait, aussi, intuitivement, qu’il doit y avoir une solution politique pour sortir de ce tunnel sans fin. Nizar Baraka est convaincu qu’il existe d’autres modèles économiques dans le domaine social mais il craint— et il a raison — de mettre le feu aux poudres. Dans un pays qui, dit-on, manque cruellement de débat, qui prend réellement position sur cette question ? Qui en parle ? Qui en fait un marqueur politique ? Qui a le courage de ses idées ? C’est un vrai choix de société — un authentique celui-là — que personne ne veut aborder. On attend, lâchement, pour tirer les marrons du feu.

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