Petit bonjour

Fouad Ali El Himma, le leader du MTD, dans son meeting de Marrakech, a affirmé vouloir en finir avec la «légitimité historique» dans le domaine politique. L’idée n’est pas nouvelle mais elle a rarement été correctement abordée sur le plan théorique. En trois phrases. Les adversaires de la «légitimité historique» ont toujours mis en avant la légitimité démocratique comme expression de la souveraineté populaire pour s’opposer à la prééminence de la monarchie dans le système politique marocain. Ce sont en général des révolutionnaires ou des régicides. Ce n’est pas, bien évidemment, la posture de Fouad Ali El Himma. Les autres adversaires de la «légitimité historique» se recrutaient de l’autre côté de la démocratie. Toute tentative de création d’un parti politique dans notre pays depuis le FDIC — une expérience qui a fait long feu à l’époque —, en passant par le RNI, l’UC etc. a justifié sa nécessité par la volonté de casser le monopole de fait — un ascendant moral — qu’exerçaient les partis issus du mouvement national sur la vie politique marocaine. Le MTD à la recherche d’une pertinence «historique» à son projet politique est, plutôt, dans ce sillage. Il ne peut, décemment, avoir d’avenir politique que s’il se construit sur les décombres de cette légitimité historique. Les résultats des élections législatives du 7 septembre — et c’est, objectivement, indiscutable — renforcent la conviction des amis de Fouad Ali El Himma dans cette démarche. Il reste, cependant, une objection. Il est difficile de toucher à l’ADN politique du pays en voulant faire subir une modification à «la légitimité historique» sans affaiblir toutes les institutions qui fonctionnent sur le même principe. Sinon, on peut  valablement adosser, chez nous, un mouvement politique à la légitimité monarchique, mais là, on sort du contexte de la démocratie.

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