Petit bonjour

Les usages socialistes communément admis dans le monde veulent que l’on va au Congrès avec des motions — c’est-à-dire des idées — et non pas des listes de noms. Avec les motions on fait des débats, on discute, on s’oppose, on se divise, on se chamaille et au final on vote sur des idées. Quand deux motions sont proches, elles  fusionnent. Et quand deux motions fusionnées trouvent une proximité politique ou tactique avec une autre, elles peuvent faire une synthèse. La fameuse. En définitive, qu’est-ce qui reste ? Un courant majoritaire — avec des sensibilités alliées —  qui dirige le parti, et une opposition qui s’oppose, structurée ou non en courants. Tout cela je vous le concède c’est du b.a.-ba. Chez nous, ce schéma c’est, un peu, inversé. Bien avant le Congrès et les modifications du mode de scrutin portées par les nouveaux statuts non encore votés, ce sont des hommes qui déclarent leur intention de briguer le premier secrétariat. Des candidats, certes tous, de bonne qualité humaine et militante, mais sans motions lisibles. Sans positionnement immédiatement remarquable. Sans traçabilité durable. Sans clivage manifeste. Sans opposition de principe frontale. Le seul désir, au demeurant légitime, qu’ils partagent ensemble c’est d’être N°1 de leur parti. Le risque est majeur de transformer un rendez-vous de refondation qui se veut sérieux et salutaire en une «bagarre» interpersonnelle. La conjoncture politique difficile que traverse notre pays, actuellement, n’a pas besoin d’un élément d’exacerbation supplémentaire. Le devoir des socialistes marocains est de délivrer un message différent.

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