Petit bonjour

La virginité est-elle une qualité essentielle chez l’homme politique marocain ? Cette question — en écho au débat français — ne revêt aucune forme d’importance chez nous. La raison est d’une simplicité biblique. Tout homme politique vierge serait une «nunuche», un idiot, sans aucun intérêt ni pour lui-même, ni pour sa communauté. Je m’explique. C’est de la multiplication des expériences que naît le savoir-faire. Cette donnée expérimentale de base est aussi vraie dans le domaine de la politique que dans celui de la sexualité. Restons dans la politique. Fathallah Oualalaou, Habib El Malki, Abdelouahed Radi sont des hommes d’expérience. Ils n’excipent, eux-mêmes, volontairement, d’aucune virginité pour aspirer au leadership de leur famille politique. Au contraire, ils mettent en avant une sorte d’accumulation, ou de sédimentation, d’expériences pour revendiquer une compétence qui les rend éligibles au poste qu’ils convoitent légitimement. Je crois que c’est clair. Changeons d’optique. Examinons maintenant, en deux lignes, la recomposition du champ politique marocain. Les animateurs de ce mouvement d’intérêt général sont-ils vierges ? Politiquement, s’entend. Ne sont-ils liés à aucune expérience antérieure ? Sont-ils des hommes nouveaux étrangers à tout compromis passé ? Bien sûr que non. Et, d’ailleurs, ce n’est pas cette qualité qui est exigée d’eux. Mais, c’est un des rares cas où une virginité supposée, ou du moins invoquée, cherche à cacher une expérience réelle et vérifiable. Une sorte d’opposition entre une réalité virginale et une réalité subliminale. C’est intéressant.

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