Petit bonjour

La suspension des travaux du 8ème Congrès de l’USFP, et leur report au mois de novembre, constituent un double échec, l’un se nourrissant de l’autre, à la fois organisationnel et politique. Un congrès bien organisé et bien structuré épuise son ordre du jour — et non pas ses congressistes. Or, il est évident maintenant que, malgré les déclarations lénifiantes, les socialistes n’étaient pas en mesure de travailler correctement. Une organisation ordinaire ne pouvait pas gérer un congrès exceptionnel, voire «extraordinaire». Dans une sorte de défouloir collectif alimenté par des frustrations séculaires, il faut que les choses soient sérieusement cadrées. Or, cela n’a pas été le cas. On ne peut pas venir survolté et débattre à la fois de l’alternance, des élections perdues, du bilan ministériel, de l’identité, du Bureau politique, du mode de scrutin, de listes, du gouvernement, d’Elyazghi, de la Constitution, de la révolution, de la social-démocratie, de Omar Benjelloun, de Benbarka, etc. Pour le reste, c’est-à-dire le volet politique, l’échec était — sauf naïveté congénitale — prévisible. Vous prenez trois éléphants en exercice, sans projet politique lisible, ni synthèse possible; vous les mettez en concurrence pour le premier secrétariat  du parti; et vous prenez un éléphant en semi-retraite tactique, limogé du Bureau politique mais qui a gardé intacts tous ses réseaux; et vous organisez un congrès du Renouveau. Le résultat est net. La boutique de porcelaine vole en éclats. Et les éléphants s’en donnent à cœur joie. La démolition se substitue, alors, à la refondation.

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