Petit bonjour

Les ministres socialistes dans le gouvernement de Abbas El Fassi sortent-ils renforcés de l’épreuve du Congrès avorté ? A l’évidence, la réponse est négative. En fait, l’une des raisons principales sur laquelle le Congrès a buté est leur présence au gouvernement. Dans leur ensemble, les congressistes ont considéré cette présence comme — et c’est un euphémisme —  politiquement incorrecte, voire incompatible avec leur engagement. Les ministrables ne bénéficiant d’aucun consensus puisqu’ils ne doivent leur portefeuille qu’à la volonté personnelle de l’ex-premier secrétaire, l’idée même de «ministrabilité», dans la conjoncture actuelle, a été battue en brèche. On peut même qualifier, paradoxalement, cette idée — le refus de la présence au gouvernement — comme le seul acquis politique manifeste de ce 8ème Congrès. Cela nous renvoie aux efforts historiques fournis notamment par Abderrahmane Youssoufi, malgré la vindicte des siens, pour sortir l’USFP de l’état de parti de toutes les contestations au statut de parti de gouvernement. Abderrahmane Youssoufi avait conduit ce parti, dans un leadership incontestable,  des ténèbres des années de plomb aux lumières de l’alternance. Dans la dignité patriotique et le souci de servir la nation. C’est cet héritage qui a permis de vivre deux transitions, l’une démocratique et l’autre dynastique, qui est, aujourd’hui, foulé des pieds. Ceux qui ont poussé Abderrahmane Youssoufi à la sortie goûtent, aujourd’hui, le fruit de leur stratégie suicidaire. Il est vrai, dans ces conditions, vidée de toute légitimité partisane, la présence des ministres USFP au gouvernement n’a plus de signification politique.

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