Petit bonjour

Un inspecteur de la BNPJ interrogeant longuement un journaliste-photographe au sujet d’une photo montrant un officier de police en délicatesse avec une manifestante acariâtre  lui aurait dit: «Le pays peut vivre sans presse. Mais, il ne peut pas vivre sans sécurité.» Cette double affirmation faussement antagonique, disjonctive,  est inutile. Car aucune forme d’incompatibilité entre les deux affirmations n’est attestée. Un pays normal a besoin des deux. C’est une évidence. A moins que l’on parte du postulat que la presse est un facteur avéré d’instabilité — un danger pour la sécurité. Cela, à mon avis, peut être vrai. C’est dans la nature de la presse — un contre-pouvoir — de générer une forme d’instabilité qui elle-même génère, au profit de la société, une dynamique démocratique. Mais là n’est pas la question car l’intention de l’inspecteur était plus modeste, me semble-t-il. Il voulait juste démontrer que dans la vie du pays, un policier est plus utile qu’un journaliste. C’est, à la limite, vrai. Sauf, peut-être, dans le cas où le journaliste est, aussi, flic. Ce qui arrive parfois. Ou quand le flic devient un informateur des journalistes. Ce qui arrive souvent, aussi mais ça finit toujours mal. Quand un journaliste veut «disqualifier» un de ses confrères, il le traite de flic. C’est une erreur. Il ne le disqualifie pas. Il le sublime. Selon la théorie de notre inspecteur, et en tirant un peu sur la corde raide,  un journaliste ne peut atteindre l’excellence dans son métier que s’il devient un auxiliaire de police. Un agent contribuant au maintien de l’ordre. Un tenant de la sécurité publique. Et un acteur de la stabilité politique. Un journaliste idéal est, en fait, un commissaire de police ou un agent d’autorité. C’est un point de vue !

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