Petit bonjour

Quand la culture tribale est prédominante, la démocratie a du mal à se frayer un chemin. L’une des caractéristiques de l’Etat tribal c’est qu’il traite avec des groupes surdéterminés par la naissance. Les outils traditionnels de la démocratie représentative ne sont pas opérationnels dans cet environnement spécifique. L’expérience démocratique mauritanienne, au demeurant réelle, semble avoir cédé sous les coups de boutoir du tribalisme — c’est incontestable — et de l’incompréhension par le président élu de la nature, de la réalité et du périmètre de ses pouvoirs constitutionnels. La victoire aux dernières élections a été comprise comme la victoire formelle d’un groupe contre tous les autres. En conséquence, l’accaparement de tous les pouvoirs par le groupe victorieux lui a semblé «légitime». C’est cet état de fait, fondé sur une conception assez iconoclaste de l’idée de la Nation et de la séparation des pouvoirs, qui vient d’être corrigé par le coup d’Etat militaire. La Mauritanie bascule de nouveau dans l’illégalité en attendant, pour la deuxième fois en trois ans, de reprendre un processus démocratique incertain. Il est évident que tout ce qui se passe en Mauritanie intéresse, en premier chef, le Maroc. Notre pays a besoin d’un voisin, sur son flanc sud, qui soit stable, prospère et démocratique. C’est autant son intérêt objectif que les exigences morales des liens naturels et ancestraux qui lient les deux peuples. Cependant, la leçon mauritanienne pour la région n’est pas négligeable. Autant ce pays dérangeait en étant une exception démocratique dans un ensemble arabe plutôt rétif à cette idée, autant son instabilité actuelle devrait, encore une fois, interroger tous ceux qui souhaitent infliger à notre région l’existence d’un Etat supplémentaire de même nature. 

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