Petit bonjour

C’est assez exceptionnel pour s’y arrêter. Enfin, pour moi. Je reviens d’Asilah — une première participation — où le moussem culturel fête ses trente ans. C’est une affaire qui, à l’évidence, marche, mais cela reste miraculeux. On s’étonne, avec bonheur, qu’un évènement culturel de cette nature garde aussi longtemps le même souffle créatif chez les participants, la même attractivité, suscite la même curiosité. Les spécialistes des festivals expliquent cela par la convergence entre un site : le petit port atlantique, et un homme : Mohamed Benaïssa. Cela n’est pas suffisant. Il doit y avoir davantage de raisons à cette réussite et davantage de mystère pour saisir ce vrai sortilège, cet enchantement. Trente ans, un rayonnement international qui ne s’est jamais démenti, une humanité qui ne s’est jamais laissée atténuer par les haines de circonstances et une amitié réelle qui a continué à creuser ses sillons aux quatre coins du vaste monde. Mohamed Benaïssa raconte tout cela simplement, tout en faisant très attention pour restituer l’expérience dans sa densité, dans son originalité et dans sa singularité. Il ne sait plus, parfois, ce qui relève de son histoire personnelle et ce qui relève de l’histoire de l’évènement qui n’aurait, par ailleurs, jamais pris corps sans son engagement personnel. Tout se mélange, heureusement, naturellement, en une épopée commune : l’homme, le site, les amis, les compagnons, les passions, les chemins, les générosités, etc. Tout fait sens, même d’une manière rétrospective. A reculons. Les artistes savent que les authentiques créations ne se justifient que par les émotions qu’elles suscitent. Elles se suffisent à cela, en l’absence de toute construction intellectuelle préalable et laborieuse.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *