Petit bonjour

La crise financière qui secoue le monde nous touchera d’une manière ou d’une autre. La faiblesse de l’intégration mondiale de notre économie — une vertu du sous-développement — ne nous met pas à l’abri de tout. Elle peut nous épargner les conséquences néfastes dues à l’abus des produits financiers sophistiqués — c’est un fait —,  mais elle nous affectera certainement si nos «clients» habituels entraient en récession durable. Il serait politiquement irresponsable de faire croire aux Marocains qu’une crise universelle de cette nature s’arrêtera à nos frontières comme par magie ou parce que nous sommes plus malins que les autres. Si tout ce que nous vendons, y compris le tourisme, ne trouve plus preneur faute, sur le marché international, de liquidités ou de crédit, on aura effectivement des problèmes sérieux. Nous avons, également, nos propres bulles qui peuvent éclater à tout moment. La bulle de la Bourse des valeurs qui souffre de problèmes éthiques et déontologiques chroniques. Ses problèmes relèvent désormais plus de faits divers crapuleux exacerbés par l’absence de gardes-fous solides que de corrections boursières naturelles. Notre bulle immobilière, quant à elle,  peut aussi éclater sous l’effet de la faiblesse de nos infrastructures — les graves problèmes d’eau à Marrakech par exemple — ou sous la pression spéculative irréaliste des opérateurs nationaux et internationaux. Quand des bénéficiaires du Plan Azur commencent à revendre leurs projets sans rien réaliser, ou presque, on peut imaginer que ce cycle de mutations, malgré les quelques protections existantes, contournables au demeurant, risque de remettre en question toute la stratégie. Mais, pour l’instant, c’est notre bulle politique qui ne finit pas d’éclater. Elle reste occupée par des combines politiciennes minables quand le monde entier s’écroule autour d’elle.

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