Petit bonjour

C’est au moment où le capitalisme financier, le libéralisme sauvage et les folles lois du marché se cassent la gueule que les oppositions de gauche dans le monde n’ont rien à dire. C’est au moment où les idéologues du moins d’Etat, de la réduction du périmètre public et les chantres des privatisations généralisées voient leur modèle s’effondrer que leurs adversaires sont frappés d’une sorte d’incrédulité qui les condamne au silence. L’idée de l’Etat a de l’avenir. Celle de la nation aussi. L’intérêt général porté par de puissantes politiques publiques n’est pas une idée ringarde de has-been. La régulation volontaire par les pouvoirs publics des excès des marchés fous livrés à eux-mêmes n’est pas une survivance d’un collectivisme suranné. Si au final nous devons tous payer — les impôts devraient servir à autre chose que de renflouer des financiers irresponsables — pour les fautes des apprentis libéraux, il vaut mieux dans ce cas agir en amont. Il reste cependant assez extraordinaire que cet effondrement de l’idéologie libérale s’accompagne d’un silence politique de ceux à qui l’histoire vient peut-être de donner raison. Chez nous, alors que la crise fait rage, on continue à pratiquer les vieilles combines usées. Les mêmes vieux rites stériles. Le même faux-jeune personnel politique fourbu. Les mêmes indigences. On fait des fusions-absorptions dans le vide. Des fusions-acquisitions de rien. On continue à investir sur la vacuité sidérale auto-satisfaite. Si personne n’explique aux Marocains que la crise aura, tôt ou tard, un impact direct sur leur vie, comment voulez-vous, après, les mobiliser, les intéresser à la politique ou les inciter à aller voter ?

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