Petit bonjour

Après des décennies de déréglementation furieuse, la régulation apparaît, à la faveur de la crise financière, comme une panacée. Les plus orthodoxes des libéraux tournent les yeux, aujourd’hui, vers l’Etat — des yeux de Chimène — pour implorer ses capacités de régulation, de stabilisation et d’encadrement. Entre les partisans du moins d’Etat et ceux de plus d’Etat, il y a désormais l’Etat tout court qui s’impose. Un Etat qui, seul, peut offrir des garanties de pérennité à l’épargne nationale. Au système financier. Qui peut faire appliquer une règle de jeu commune à tous les protagonistes. Qui peut développer une certaine idée de l’intérêt général. Mais que l’on ne s’y trompe pas. L’Etat invoqué, ici, n’est pas l’Etat mauvais gestionnaire, incompétent, dépensier, corrompu, bureaucratique ou croulant sous le poids des fonctionnaires fantômes. Non. Cette crise montre, à l’évidence, dans des pays comme le nôtre que les politiques publiques peuvent reprendre la main contre la vulgate libérale. Elles peuvent faire cela si, en même temps, elles s’appuient sur une réforme courageuse. Si elles font un effort d’imagination. Et si elles sont capables, comme par le passé, d’attirer des ressources humaines de qualité. Le retour de l’Etat n’en est pas vraiment un, chez nous. Il n’a jamais vraiment quitté la scène. Mais l’ambiance internationale générale devrait lui permettre de se renouveler et d’agir, dorénavant, autrement.

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