Que fait la HACA ?

C’est un vrai choc. Sérieusement. La manière dont la télévision marocaine traite, en ce début de Ramadan, les téléspectateurs que nous sommes n’est pas correcte. Mais pas du tout. Ce n’est plus une affaire d’une banale critique télé mais vraiment d’une   question de droits de l’Homme.
Je ne veux pas parler des programmes sur lesquels il y aurait beaucoup de choses à dire. Il y a à boire et à manger surtout pour des artistes certes talentueux  mais mal servis par des dialogues parfois débiles, par des scénarios inexistants ou approximatifs, par une réalisation toujours indigente et un montage souvent puéril. Mais là n’est pas la question. À la limite, on ne peut même pas juger ces  productions parce qu’on ne les voit pas. On n’arrive pas à les suivre. Elles sont complètement parasitées par la publicité. Trois coupures au moins sans les génériques pour chaque programme. C’est trop. Et c’est excessif.
Le téléspectateur est, carrément, pris en otage. Il subit un matraquage qui dépasse toutes les normes admises alors que justement tout devrait être réglementé d’une manière précise d’autant plus qu’il s’agit du service public. Le cas de 2M est le plus inquiétant car la chaîne de Ain Sebaâ dispose déjà d’un cahier de charges et devrait légalement s’y conformer. Par contre, le cahier de charges de TVM n’est pas encore prêt mais cela n’exonère aucunement cette chaîne de ses responsabilités morales.
Que le Ramadan soit une haute saison publicitaire pour la télévision, on en convient. Mais comme dans tous les secteurs, il faut qu’il y ait un minimum d’éthique et de déontologie. Ce public est à la fois consommateur, usager,  téléspectateur et accessoirement contribuable ou citoyen. Si on fait pondre la poule aux œufs d’or plus que nécessaire, c’est sa survie que l’on met en cause. Il n’y aura plus de poule et il n’y aura plus, subséquemment, d’œufs.
La HACA, encore une fois, est sommée conformément à la loi de faire le ménage dans cette anarchie indescriptible, de faire respecter les ratios de pub par heure et de mettre fin aux coupures multiples et intempestives qui constituent de véritables agressions.
Le coût de la publicité télévisuelle n’est pas très élevé dans notre pays. C’est un indicateur de sous développement du marché qui souffre, également, malgré un vernis superficiel de modernité, du poids de pratiques informelles avérées. Conséquences : des annonceurs malgré la faiblesse de leur produit et de leur poids économique squattent des écrans qu’ils n’ont pas vocation à occuper. Les télévisions elles-mêmes déprécient leurs programmes par des tunnels de publicités sans fin. L’audience elle-même saturée se tourne vers d’autres cieux. Et pour finir, les autres supports qui devraient théoriquement accueillir ces petits ou moyens  annonceurs ne voient rien venir. La boucle est bouclée depuis longtemps.        
Maintenant, le minimum de respect à l’égard des téléspectateurs est, pour commencer, de bannir, ou au moins de réduire, ces maudites coupures. Elle constitue de fait un vrai mépris pour tous.  

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