Tres culturas

Pour comprendre, vraiment, connaître la presse espagnole, il faudrait avoir un petit mode d’emploi. Notre propos, aujourd’hui, est de vous munir de quelques clés simples en dehors des libations du Colloque mondain Tres Culturas tenu récemment à Rabat.
«La Razon», un quotidien madrilène,  est autant connu au Maroc parce qu’un Pedro Canales y sévit, que par la profondeur de sa production. La profondeur est le terme exact. Son rapport avec le CNI, les services des renseignements espagnols, est patent. Enrique Montanchez, journaliste à «La Razon», est un ex-agent de la Défense nationale espagnole, qui, à ce titre, cosigne tous les papiers sensibles nous concernant, avec Pedro Canales. Ce dernier, viré d’Algérie pour des activités extra-journalistiques -la SM veillant au grain-, a jeté son dévolu sur nous. Ancien et toujours obligé de Driss Basri, il a coaché avec beaucoup de réussite notre confrère Ali Lmrabet pour le résultat fantastique que tout le monde connaît maintenant.  
«El Mundo», un autre quotidien madrilène, est, lui, tout à fait clair pour nous. Tout ce qui peut nous nuire est bon pour lui. Affidé du Parti Populaire de Aznar, raciste comme il se doit, anti-Marocain par vocation religieuse. La thèse de l’implication du Maroc dans les attentats du 11 mars est le produit de l’imagination de son directeur-adjoint, qui en a fait un livre à succès. Ali Lmrabet, qui survit grâce aux subsides de ce journal, confirme, pour des raisons alimentaires, cette thèse. D’où sa dernière sortie contre son pays et ses journalistes. Ali Lmrabet est à «El Mundo» ce qu’un Kleenex est à un enrhumé ou à un diarrhéique. Sa carrière dans ce titre est prévisible.  
«El Periodico de Catalunya» est un grand journal de Barcelone. Celui qui s’occupe de nos affaires est Antonio Baquero. Lui, il a un gros problème. Les Catalans étant des gens civilisés et fins, ne marchent pas dans ses combines. Moins racistes et moins anti-moro, parce que plus européens, il a du mal à les embarquer dans des cabales anti-marocaines. En fait, ce journal, à notre égard, est en stand-by, car il n’a pas encore trouvé un sponsor sérieux. Soit les Marocains le traitent, soit d’autres vont le faire. On verra.
Reste, «El Pais», un gros morceau. Ce journal, après bien des égarements coupables lors de la période José Maria Aznar, vient de se ranger, avec discipline, sous la bannière des Socialistes, sa famille naturelle. En conséquence, le spécialiste du Maroc dans cette publication, autrefois survolté, vient de mettre beaucoup d’eau dans son vin. C’est mon ami, désormais, Ignacio Cembrero. On a fait une guerre judiciaire pendant deux ans, il l’a perdue. Pour lui, on était le journal du Makhzen, manipulé par le ministère de l’Intérieur et tout le toutim. Vous connaissez la chanson.
Maintenant, cet Ignacio Cembrero nouvelle formule, je vais lui mettre un procès sur le dos pour concurrence déloyale, détournement de clientèle, dumping sur les prix et adultère. Il publie maintenant dans son journal des rapports de la DST marocaine et il se fait briefer sur le terrorisme à un haut niveau. Et Ahmed Harrari par-ci et la PJ par-là. C’est trop. Il vient chez nous, nous manger notre pain quotidien. Il y a de quoi devenir raciste. Ils disaient qu’on était «vinculados»  aux services marocains, maintenant, c’est lui qui se fait «vinculer» à notre place. Qu’allons-nous devenir, pardi ? Si Cembrero publie, à présent, l’intervention de Moulay Ahmed Harrari, directeur de la DST, devant la conférence anti-terroriste à Riyad, on va vendre des pois chiches ?

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