Un seul pilote

Un seul pilote

En 1995, 18% de la population marocaine était raccordée à l’électricité et seulement 14% avait accès à l’eau potable. Aujourd’hui, le taux d’accès est de 100% pour la première et avoisine les 80% pour la seconde. Ce formidable rattrapage a été rendu possible à travers deux programmes très connus qui sont le PERG et le PAGER. Electrifier et amener l’eau potable en milieu rural n’est assurément pas chose aisée vu la dispersion de l’habitat, la nature du terrain et du relief qui ont nécessité par endroit de vraies prouesses techniques sans oublier la contrainte de taille financière. C’est bien pour cela qu’il aura fallu tout de même une vingtaine d’années. Mais le fait est que ce qui pouvait paraître à tous les égards irréalisable il y a 20 ans l’a bel et bien été. Voilà un cas d’école à enseigner et surtout à méditer au moment où l’on est en train de réfléchir sur comment réinventer les politiques publiques sociales pour plus d’efficience.

L’expérience du PERG et du PAGER pourrait aider à comprendre les ingrédients de la réussite d’un programme social pour les dupliquer et, pourquoi pas, les améliorer pour le futur. Les deux programmes ont probablement trouvé leur force dans leur mode de gouvernance, leur pilotage ayant été dès le départ unifié et confié à un seul opérateur, en l’occurrence l’ONE et l’ONEP devenus aujourd’hui une seule entité d’ailleurs. La multiplicité des acteurs est le pire ennemi des politiques publiques parce qu’elle entraîne la dilution des responsabilités et donc, in fine, la déresponsabilisation totale. Les réformes, très urgentes, de secteurs sociaux et vitaux comme la santé et l’éducation ne pourraient véritablement réussir tant que leurs modes de gouvernance et de pilotage ne seront pas unifiés…

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