Une chimère chimérique

Jose Luis Zapatero a raison de dire que le plan d’autonomie marocain pour le Sahara est une base de négociation directe entre les parties. Les Sahraouis, dans leur grande diversité, négocient déjà, directement, ce plan dans le cadre du CORCAS. Ceux de Tindouf viendront d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard, rejoindre les représentants de leurs tribus – ce sont les mêmes qui siègent au Conseil. Alors que restera-t-il ?  Alger, bien évidemment. Le principal inventeur, acteur et moteur de cette crise régionale. Or, avec notre voisin nous avons un problème méthodologique. Il déclare qu’il n’est pas une partie au conflit donc non éligible à des négociations directes qui sont, elles, strictement et en toute liberté, indépendance et autonomie, l’affaire des Sahraouis, mais uniquement ceux du Polisario qu’il abrite, finance et manipule. La dernière fois que nos frères Algériens ont proposé une solution, c’était, sous l’égide de Baker, la partition – entre nous et eux ! – sous les applaudissements libres, indépendants et autonomes du Polisario. On peut concevoir que Mohamed Abdelaziz discute avec Khalli Henna Ould Errachid. Mais nous, on va discuter avec qui ? Avec une non-partie au conflit ou avec le conflit lui-même. Avec un Etat qui veut infliger un nouvel Etat à la région ou avec un Etat qui a, lui-même, de plus en plus du mal à exister en tant que tel ? Avec un Etat qui se délite et qui, dans la foulée, soutient un mouvement fantoche ou une république chimérique soutenue par une autre, en voie de «chimérisation». On ne sait pas, vraiment.

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