Une mise au net

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika joue avec le feu. Son attitude inconséquente et légère à l’égard du Maroc et de ses intérêts supérieurs aboutit, aujourd’hui, à une impasse dont il assume, seul, la responsabilité. Le Maroc considère en effet que la visite du Premier ministre algérien chez nous est inopportune en l’absence d’une «position algérienne cohérente et une clarification des intentions réelles, actuelles et futures, quant à ses rapports avec le Maroc et l’édification maghrébine.» Cela s’appelle une mise au net, et elle est la bienvenue. Elle met un terme à la duplicité du pouvoir algérien et l’approche schizophrénique qu’il adopte vis-à-vis de la question du Sahara marocain.
Il est impossible dans le contexte d’une escalade inouïe contre les intérêts du Maroc marqué par l’investissement total des appareils de l’État algérien dans une «guerre» sans merci contre notre pays d’accueillir comme si de rien n’était une délégation ministérielle algérienne d’un si haut niveau. Si par cette visite Abdelaziz Bouteflika voulait faire croire – aux naïfs – qu’il n’est pour rien dans l’escalade d’État dont il est l’auteur et qu’il poursuit un semblant de plan de normalisation avec notre pays, la manœuvre a lamentablement échoué. Le Maroc ne joue pas à ce jeu puéril.
Abdelaziz Bouteflika a renié la parole qu’il a donnée à SM le Roi lors du Sommet d’Alger. Il s’agissait de laisser la question du Sahara marocain trouver une solution, politique et définitive, dans le cadre de l’Onu et construire, ensemble, des «objectifs de normalisation bilatérale de rapprochement entre les deux pays frères et de relance effective de l’Union du Maghreb arabe.» Le président algérien s’est abjuré. Ont suivi ses multiples discours hostiles au Maroc en Amérique latine, la lettre ignominieuse à son affidé Abdelaziz, et la propagande internationale honteuse sur une pseudo intifada sahraouie qui est le produit direct de mobilisation de tous les services de l’État algérien contre notre pays. Après tout cela, on normalise ! Ce n’est pas sérieux du tout.
Un seul élément a échappé au président algérien, la très forte mobilisation des forces vives de la nation et la consolidation du front intérieur pour la défense de l’intégrité territoriale du Royaume mais aussi de la transition démocratique et des institutions suprêmes du pays. La manœuvre que représentait la visite «virtuelle» de la délégation ministérielle algérienne visait essentiellement à faire douter ce front intérieur sur l’implication exclusive, avérée et incontestable du pouvoir algérien dans la «guerre» qui nous est menée. Cette manœuvre a avorté.
J’organise des émeutes chez toi, je tire les ficelles, je finance les émeutiers, je fais brûler ton drapeau, je mène une campagne internationale haineuse et ensuite je te rends visite pour normaliser. Au-delà de l’insolence, ce raisonnement est idiot. Il dénote non pas d’une supposée science diplomatique raffinée ou d’une soi-disant analyse politique élevée et brillante mais d’une absence de bon sens affligeante et d’un sens du ridicule certain. On ne peut plus construire l’avenir en 2005 avec des combines surannées et les vieilles ficelles des années soixante-dix. L’obsolescence de la pensée du pouvoir algérien est aujourd’hui démontrée. Cette pensée qui a mené le peuple algérien au chaos de la guerre civile et à la confiscation de sa liberté et de ses ressources fonctionne sur la duplicité, le mensonge et les manipulations grossières. Cette même pensée bloque aujourd’hui le Maghreb et insulte l’avenir de ses peuples et contrarie leur aspiration à l’union, à la prospérité et à la solidarité. Cette pensée ne marche plus. Et le Maroc nouveau et moderne la refuse totalement.

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