Avis de l’experte : Et si le bien-être au travail était la clé de la productivité?

Avis de l’experte : Et si le bien-être au travail était la clé de la productivité?

«Les programmes de bien-être des entreprises permettent à la fois des primes d’assurance-maladie plus faibles pour l’entreprise et des employés plus sains, plus heureux et plus productifs».

Par Mouna Sqalli (*)

Lorsque l’on entend parler de burn out et de productivité en berne au sein de l’entreprise, une question clé se pose : comment repenser l’entreprise afin que entreprendre ensemble soit du domaine du bien-être au travail et de la productivité ? On sait qu’un cerveau en mode positif est 31 % plus performant qu’en mode neutre ou stressé, alors faisons un tour d’horizon à 360° sur des bonnes pratiques du bien-être au travail.

Définition du bien-être au travail

Selon l’OMS, «le bien-être sur les lieux de travail consiste en un état d’esprit dynamique, caractérisé par une harmonie satisfaisante entre les aptitudes, les besoins et les aspirations du travailleur, d’une part, et les contraintes et les possibilités du milieu de travail, d’autre part». Un indicateur nouveau a même vu le jour avec la création du PIB du bonheur ; créé par la fabrique Spinoza, think tank du bonheur citoyen qui a fait du bien-être au travail l’un des piliers de ses réflexions.

Les membres de l’association se réunissent régulièrement en groupes de travail et identifient les bonnes pratiques favorisant la qualité de vie au travail. L’ensemble de ces pratiques est rassemblé en un «réservoir» ou recueil de pratiques appelé le «wiki» du bien-être au travail, qui regroupe rapports, guides et évènements. Le bien-être au travail c’est également un facteur de croissance pour l’entreprise. En témoignent les études de productivité.

Les études du bien-être

Le bien-être au travail a fait l’objet de plusieurs études qualitatives. Au Maroc, l’Observatoire marocain du bonheur vient de publier le 21 mai 2017 la première étude marocaine sur le bien-être au travail réalisée sur 1.200 employés de 25 à 60 ans. 

Elle a identifié les trois facteurs de stress au travail : le manque de reconnaissance, le manque de moyens pour atteindre les objectifs et la surcharge de travail.

Au Royaume-Uni, apporter du bien-être est le défi que s’est lancé l’Université de Warwick. Car ils ont prouvé qu’être heureux permet d’augmenter la productivité de 12 %.

D’où l’intérêt de plus communiquer et respecter les valeurs de chacun pour humaniser le milieu de l’entreprise où, justement, on entreprend ensemble.

Bien-être au travail = productivité ?

Health Enhancement Research Organization a dévoilé, à travers une étude en 2016, que «les entreprises ayant mis en œuvre une stratégie de bien-être démontrent non seulement de meilleures performances financières mais aussi une meilleure capacité à fidéliser les talents et en attirer de nouveaux».

Selon cette étude qui s’étend sur six ans, les entreprises qui ont mis la priorité sur le bien-être de leurs employés ont obtenu un retour sur investissement de 235%.

Donc qui veut améliorer la productivité passera avant tout par le respect de l’identité de chacun, la communication et le respect des valeurs de chaque membre de l’entreprise.

Besoins des entreprises

Les entreprises n’ont plus les mêmes besoins. Lorsque l’on accompagne les dirigeants au sein de leur entreprise, l’on constate que celles-ci souhaitent de la réactivité, de la performance et de l’engagement de la part de leurs salariés. La structure pyramidale n’est donc plus pertinente, ni efficace. Et il semble que la structure horizontale encourage l‘épanouissement et le bien-être au travail.

Classement des entreprises «bien-être»

Le palmarès 2016 des entreprises où il fait «bon travailler» en France est porteur d’espoir pour des millions de salariés qui vont au bureau ou à l’usine sans motivation particulière, voire avec la boule au ventre, stressés et au bord du burn-out.  Dressé par l’institut Great Place to Work, le classement 2016 de ces entreprises attachées au bien-être de leurs collaborateurs démontre une fois de plus qu’il est possible d’associer performance sociale et économique.

Patrick Dumoulin, son directeur, note que «84% des salariés des entreprises du palmarès se sentent bien au travail et 79% s’y rendent avec plaisir, contre respectivement 46 et 41% des salariés dans leur ensemble. Par ailleurs, nos lauréats ont créé plus de 10.000 emplois ces dernières années et sont toutes en croissance. Les PDG n’ont pas de bureau individuel et travaillent aux côtés de leurs salariés dans de larges open spaces, les rendant plus humains et accessibles».

Autre donnée importante : dans ces entreprises labellisées, les salariés ont plus que la moyenne le sentiment d’être payés à leur juste valeur. Les salaires, primes et augmentations sont en général plus élevés que la moyenne du secteur.

Les bonnes pratiques à travers le monde

Elles ont changé l’univers de l’entreprise ; au Maroc, une création de club sportif avec la banque Attijariwafa bank, la mise en pace d’une crèche avec Webhelp, le droit à la déconnexion chez Samsung. En France, se défouler sur un terrain de foot, les télévendeurs de Solocal (ex-pages jaunes), en rêvaient. Il y a deux ans, ils ont posté l’idée sur eurêka, la plate-forme collaborative du groupe, et décroché le soutien de leur hiérarchie. Le 104è employé de Google chade-meng tan «joly good fellow» utilise la méditation. En vue de connecter le cœur, le corps et l’esprit. Avec les 3 B : bienveillance, bien-être, bonheur.

Au Japon, pour booster le bien-être en entreprise, il est permis de ramener son chat ; Ferray Corporation a embauché 9 chats, câlins et ronronnements apaisants. Ainsi que chez Mars Japan Limited où les employés communiquent plus entre eux et sont moins stressés. Médecins du travail et préventeurs en santé au travail sont bénévoles de l’association «Bossons futés», exposant au salon Preventica international 2017, le salon international pour la maîtrise globale des risques à Casablanca et qui s’est tenu  les 11 et 13 avril 2017. Son objectif principal est de mettre en commun des fiches de métiers et des fiches de risques professionnels.

L’Université du bonheur au Travail, l’UBAT, c’est la rencontre des acteurs du monde de l’entreprise – dirigeants, DRH en qualité de vie, chief happiness officier, collaborateur et de professionnels du bonheur au travail, tous engagés pour des organisations plus heureuses. L’UBAT met en place des actions de qualité de vie au travail et de gestion du stress et tisse un réseau avec des personnes qui œuvrent déjà et/ou qui partagent une intention commune : le développement du bonheur au travail.

Selon ma propre expérience, les entreprises n’ont plus les mêmes besoins.

Prendre en compte la santé des personnes en poste et leur bien-être est en effet indispensable pour leur développement personnel comme pour la bonne marche d’une entreprise. Agir pour la diminution de l’absentéisme, une plus grande motivation peut être bénéfique. Les programmes de bien-être des entreprises permettent à la fois des primes d’assurance-maladie plus faibles pour l’entreprise et des employés plus sains, plus heureux et plus productifs. Pour que travailler en entreprise permette de penser «ma vie vaut la peine d’être vécue». Et qu’entreprendre ensemble soit du domaine du bien-être au travail et de la productivité.

(*) Coach certifiée en coaching de dirigeant, directrice de l’agence Coach2win.

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