Compétences: Pour une cartographie des besoins en ressources

Compétences: Pour une cartographie des besoins en ressources

L’évolution démographique laissant pressentir une création de 1,3 millions d’emplois dans 10 ans a imposé de définir des postes de travail en fonction des projets structurants lancés ces deux dernières décennies.

«Nous formons des chômeurs!». Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, n’a pas mâché ses mots lors d’un événement organisé dernièrement dans les milieux économiques. Et pour cause. Il s’agit de déterminer une cartographie des métiers et des profils selon les besoins en ressources humaines des entreprises. Ce serait le défi lancé par les décideurs pour répondre à cette fameuse adéquation formation-emploi.

L’évolution démographique laissant pressentir une création de 1,3 million d’emplois dans 10 ans a imposé, en effet, de définir des postes de travail en fonction des projets structurants lancés ces deux dernières décennies. Elle devrait orienter les contenus pédagogiques des établissements de formation professionnelle mais aussi de l’enseignement supérieur.

Le chantier est ouvert. Et le Maroc a besoin de tous les métiers sans considérer certains comme des sous- métiers. Plusieurs d’entre eux ne sont pas représentés ou très peu à travers le Royaume. Dans le paramédical, les exemples sont nombreux et la prise en conscience s’est faite à travers un opérateur privé.
Le Maroc compte 11 orthoptistes pour toute la population. Les kinésithérapeutes sont en effectif réduit par rapport à la demande.

«Il existe 3.000 kinésithérapeutes alors que le besoin est de 35.000. 200 orthophonistes évoluent sur le marché alors que le besoin est de 22000 ! Le Maroc compte 100 diététiciens alors que le besoin est estimé à 18.000», avait rappelé, il y a quelque temps, sur les colonnes du journal,  Dr Nisserine Slitine, présidente fondatrice de l’IHEPS (Institut des hautes études paramédicales du Sud). Dans ce domaine précisément, d’autres nouvelles formations devraient permettre aux jeunes d’être formés à de nouveaux métiers encore très peu connus, à savoir l’ergothérapie, la neuropsychologie, l’orthoptie…

Les jeunes devront tenir compte de ces nouveaux paramètres pour s’orienter dès l’obtention du baccalauréat vers des métiers porteurs sans frustration par rapport au diplôme. La vision de l’excellence est bien évidemment reconnue mais l’entreprise et les projets structurants porteurs devront générer des emplois nécessitant des profils formés mais pas forcément sortis d’Harvard ! Moulay Hafid Elalamy citera, à titre d’exemple, le secteur des call centers lors de la même intervention médiatisée. Si les centres d’appels ont tiré il y a quelques semaines la sonnette d’alarme annonçant une menace palpable, une formation pointue dispensée à certains a permis de renverser la donne. Le ministre sait de quoi il parle ! Le dossier de la formation professionnelle interpelle depuis des années. Et le projet REAPC devrait apporter une réponse à cette adéquation formation-emploi. La compétitivité se trouvant conditionnée par les ressources humaines.

Le programme Emergence avait déjà buté contre cette problématique lors de sa mise en œuvre à l’époque. Aujourd’hui, la prise de conscience a puisé dans l’alliance Maroc France en enseignement pour trouver des solutions urgentes qui arrangent les deux parties. La délocalisation de grandes écoles françaises en est un exemple. La diversification des masters dans les universités sous-entend une spécialisation des licenciés pour mieux appréhender le monde du travail. Tout compte fait, les avancées sont réelles sauf que le partage des informations entre les différentes parties prenantes permettra d’accélérer le processus.
La synergie entre les différents ministères serait la bienvenue…

En bref

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