Driss Ouaouicha : Un premier master en gestion durable de l énergie au Maroc

Driss Ouaouicha : Un premier master en gestion  durable de l énergie au Maroc

alm : L’Université Al Akhawayn entretient des relations avec la Nasa, comment est née cette collaboration?
Driss Ouaouicha : La collaboration de l’Université Al Akhawayn avec la Nasa ne date pas d’aujourd’hui. En effet, nous avons réalisé plusieurs projets ensemble dont les plus importants sont la visite du Dr. Kamal Oudrhiri avec trois de ses collègues de la Nasa à l’université et l’animation d’ateliers et de conférences avec les étudiants et les élèves d’Ifrane ; la découverte de trois météorites et la confirmation de plusieurs autres par les étudiants du Club d’Astronomie de l’Université dans le cadre du projet «Potentially Hazardous Asteroids for Nasa and the Killer Asteroid Project»; l’invitation du Dr. Buzz Aldrin, astronaute de la Nasa, qui était le premier à marcher sur la lune avec Neil Armstrong en 1969 (Apollo 11) ainsi que l’organisation à l’université de la compétition «International Space Apps Challenge» avec la participation des étudiants des universités de Fès, Meknès et Ifrane. Cette compétition s’est tenue en même temps dans 75 villes à travers le monde et de manière virtuelle.

Donc vous avez reçu Dr Kamal Oudrhiri, le marocain qui a fait vibrer la Nasa…
Tout à fait, et il sera de retour à Al Akhawayn, mercredi 15 mai 2013, pour donner une conférence et partager son unique expérience depuis l’atterrissage du Rover «Curiosity» en août 2012 sur la planète Mars et le rôle principal qu’il a joué, en tant que chef d’équipe de Radio Science de la Nasa, dans le suivi et la réussite de cette mission. Une conférence qui portera sur le surpassement des difficultés dans le parcours académique, l’importance de l’innovation dans l’éducation, la gestion et l’accomplissement des projets, le développement des capacités de leadership, et sur d’autres idées innovantes qui serviront de modèles pour les étudiants marocains.

L’Université Al Akhawayn est la première et la seule institution à proposer une formation en Gestion durable de l’énergie. Pourquoi le choix de cette filière ?
Le Master en gestion durable de l’énergie de l’université est né dans un contexte où l’approvisionnement énergétique est devenu un réel choix stratégique. Il propose aux étudiants de formation scientifique des connaissances dans le domaine de la gestion de l’énergie et de son impact sur l’environnement. L’objectif est de doter les étudiants de compétences nécessaires à l’élaboration et le déploiement des politiques énergétiques de leur entreprise et de leur pays en liaison avec les acteurs internationaux.

Comment ce programme a-t-il été conçu ?
L’approche se base sur une formation théorique, permettant la compréhension des phénomènes physiques nécessaires aux ingénieurs, technologique, expliquant le fonctionnement des systèmes industriels, numérique, permettant aux étudiants de modéliser et de simuler des processus énergétiques complexes à l’aide de codes de calcul industriels. L’Université Al Akhawayn dispose également de différentes stations expérimentales dédiées à la recherche de pointe dans le domaine de l’énergie solaire, éolienne, biomasse, stockage d’énergie et efficacité énergétique. Ces projets de recherche et développement permettent aux étudiants de voir les aspects pratiques liés à la production et à la gestion de l’énergie.

Comment évaluez-vous le besoin en profils formés aux énergies durables sur le marché de l’emploi ?
Le besoin en ingénieurs, maîtrisant la gestion des sources d’énergie, les énergies renouvelables, le diagnostic énergétique, les bilans énergétiques, la simulation numérique et l’utilisation de codes de calcul industriel des transferts thermiques, la métrologie dans les sciences pour l’ingénieur, est visible aujourd’hui sur le marché de l’emploi national, régional et international. Selon une étude du ministère de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement sur la spécification des besoins en compétences dans le secteur des énergies renouvelables, le besoin national en formation dans ce domaine a été évalué à près de 1.000 lauréats. Les lauréats de l’Université Al Akhawayn, de par la nature de cette formation, sont outillés pour occuper des postes dans des entreprises multinationales et se développer au sein d’environnements de travail multiculturels au Maroc et à l’étranger.

Ce programme ne pourrait-il pas être considéré comme « très spécifique» et par conséquent limiterait les opportunités d’embauche pour ses lauréats ?
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un volet important de cette formation porte sur une connaissance approfondie du monde de l’entreprise dans sa globalité, aussi bien des grands groupes multinationaux que des PME. De plus, du fait que la formation générale offerte par l’Université Al Akhawayn porte sur les techniques de communication en plusieurs langues (anglais, français et arabe) et la gestion de projet, en plus de la formation spécialisée de ce master, les lauréats développent les compétences leur permettant de s’intégrer dans les différentes industries nationales et internationales, pas forcément celles liées au secteur de l’énergie. Certains d’entre eux peuvent aussi choisir de continuer des études doctorales dans le domaine.

Y a-t-il des intervenants publics ou privés qui ont accompagné ce master?
Bien entendu ! Plusieurs institutions du domaine de l’énergie aussi bien au Maroc qu’à l’étranger se sont associées à ce programme ; j’en citerais ONEE, SIEP, MASEN, IRESEN, OCP, Lafarge, NOVEC filiale du Groupe CDG, Al Omrane, et bien d’autres. Ce qui démontre l’engouement des entreprises pour ce genre de programmes et leur besoin en profils qualifiés et formés dans ce domaine.

Quelles sont les perspectives de développement de l’AUI pour les prochaines années ?
L’université a réalisé des progrès importants durant les dernières années grâce à la mise en œuvre d’un grand nombre de programmes éducatifs et de recherche. Elle poursuit la mise en œuvre de son deuxième plan stratégique 2010-2014, l’achèvement de l’accréditation institutionnelle, en plus des accréditations déjà obtenues pour les programmes et les unités d’organisations internationales de renom, et l’amélioration de l’efficacité institutionnelle en utilisant des indicateurs internationaux.

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