Emploi en Afrique du Nord : Les contraintes et perspectives passées au crible par le CESE et la CEA

Emploi en Afrique du Nord : Les contraintes et perspectives passées  au crible par le CESE et la CEA

Beaucoup reste à faire pour réduire les écarts et promouvoir une dynamique économique créatrice d’emplois. Le dialogue régional qui prendra fin ce jeudi 25 avril apportera des questions concrètes pour relever les défis qui persistent.

«Renouer les liens entre les différentes parties prenantes impliquées dans la redynamisation des stratégies et politiques pour l’emploi est, aujourd’hui, pour tous les pays de la région un impératif et une urgence socio-économique». Cet appel a été lancé par Ahmed Reda Chami, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), lors de son intervention, mercredi 25 avril, au dialogue régional de haut niveau sur l’emploi en Afrique. Cette rencontre, organisée conjointement par le CESE et le bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), était une occasion de passer au peigne fin les stratégies et politiques de développement pour la création d’emploi dans la région. L’objectif étant d’explorer des pistes d’actions susceptibles de donner une nouvelle impulsion à l’emploi dans la sous-région. Ceci passe par la proposition de solutions innovantes adaptées aux contextes et priorités gouvernementaux de l’Afrique du Nord.

Une région où la moyenne du taux de chômage s’est située autour de 11,5 % en 2018, soit le taux le plus élevé au monde. «Malgré les progrès réalisés en termes de développement économique et social et la reprise économique dans certains pays de la sous-région avec un taux de croissance en progression, la région Afrique du Nord n’arrive toujours pas à générer suffisamment d’emplois «de qualité» pour atteindre une croissance durable et inclusive, et assurer la stabilité politique et sociale», fait observer Lilia Hachem Naas, directrice du bureau de la CEA en Afrique du Nord.

Mohamed Yatim, ministre de l’emploi et de l’insertion professionnelle, a, pour sa part, partagé, lors de la séance inaugurale de cette rencontre l’expérience marocaine en matière de promotion de l’emploi. Le ministre a rappelé les grandes lignes de la vision nationale axée autour de cinq piliers. Citons entre autres le soutien aux investissements productifs en vue de créer des emplois quantitatifs et qualitatifs, l’adéquation de l’éducation et la formation aux exigences du marché du travail ou encore l’intensification des programmes de soutien à l’emploi actif et à la médiation. Malgré les efforts consentis, beaucoup reste à faire pour réduire les écarts et promouvoir une dynamique économique créatrice d’emplois. Le dialogue régional qui prendra fin ce jeudi 25 avril apportera des questions concrètes pour relever les défis qui persistent au niveau régional.

Il est à noter que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la réforme récente de la CEA ayant amené chaque bureau sous-régional à sélectionner un domaine de spécialisation pour développer des produits et des outils qui pourront guider les pays membres dans la formulation de politiques plus ciblées. En Afrique du Nord, le choix s’est porté sur l’emploi et compétences pour un développement durable. Cette spécialisation permet d’assurer à l’ensemble des parties prenantes une compréhension plus approfondie des contraintes liées au cadre macroéconomique qui entravent l’accélération de la création d’emploi et d’en tirer les leçons en termes de politiques générales et d’approche stratégique qui pourront nourrir la réflexion aussi bien en Afrique du Nord que pour le reste du continent africain.

Les propositions du CESE

Pour Ahmed Reda Chami, les pays de la région sont appelés à agir à la fois sur le climat des affaires, sur les équilibres macroéconomiques, sur la diversification de leur offre et sur l’amélioration de leur compétitivité et, in fine, sur le renforcement de leur capital humain.

Le président du CESE a par ailleurs donné quelques pistes de réflexion pour créer une nouvelle dynamique de croissance et d’inclusion. L’idée étant d’agir sur plusieurs leviers de manière cohérente et coordonnée. Le premier levier porte sur la promotion des secteurs pourvoyeurs d’emplois en qualité et en quantité en accordant une importance particulière au soutien de la TPE et PME en vue de leur permettre de franchir de nouveaux paliers de développement. Le deuxième levier concerne le développement du capital humain, notamment à travers la diversification des filières et la consolidation des capacités d’auto-acquisition de compétences et d’adaptation.

Le 3ème levier n’est autre que la promotion de l’entrepreneuriat. A cet effet, le CESE propose d’opter pour une approche décentralisée pour l’amélioration de l’environnement des affaires. Ceci passe par une meilleure implication des régions dans le développement de l’entrepreneuriat local, l’amélioration de l’accès des jeunes à des formes de financement adaptées et diversifiées ainsi que le renforcement des capacités des Fonds dédiés à l’entrepreneuriat innovant et la promotion des règles d’une concurrence saine.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *