Encore plus d’un million de chômeurs

Encore plus  d’un million  de chômeurs

Résorption du chômage au premier trimestre 2015. La population active en chômage a connu un net décroissement au premier mois de l’année. La situation à fin mars dévoile une baisse de 2,9% au niveau national. Ainsi, le Maroc compte au premier trimestre 2015 environ 1.157.000 chômeurs contre 1.191.000 une année auparavant. Les 34.000 chômeurs en retrait sont issus majoritairement du milieu rural.

Cette zone a connu une baisse de 22.000 chômeurs à fin mars contre 12.000 chômeurs en milieu urbain. Suite à ce constat établi par le Haut-commissariat au Plan, le taux de chômage au niveau national se fixe à 9,9% contre 10,2% au même trimestre de l’année 2014.

La proportion du chômage en milieu urbain se fixe à 14,3% tandis qu’elle ne dépasse pas les 4,7% en milieu rural. En détaillant les caractéristiques du chômage au Maroc, le Haut-Commissariat au Plan indique que 78,1% des chômeurs recensés au premier trimestre 2015 sont des citadins. Aussi, 62,9% de la population active en chômage est âgée de 15 à 29 ans. Les statistiques démontrent, par ailleurs, que 27,6% des chômeurs sont détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur, au moment où 49,7% sont des primo-demandeurs d’emploi.

De même, 61,4% des chômeurs sont en inactivité depuis plus d’une année tandis que 24,8% sont dans cette situation suite à un licenciement ou à un arrêt de l’activité de l’établissement employeur. En outre, la population active en chômage intègre les personnes découragées par la recherche active d’emploi. Cet effectif avoisine les 47.000 personnes passant ainsi de 3,6 à 4,1% du volume global du chômage au premier trimestre 2015.

La situation du marché du travail à fin mars révèle également une légère baisse du taux d’emploi. L’économie marocaine a créé durant cette période 27.000 postes nets d’emploi. Ceci résulte de la création de 45.000 emplois en milieu urbain et la perte de 18.000 en milieu rural. Le volume global de l’emploi se situe autour de 10.513.000 personnes contre 10.486.000 au même trimestre de l’année précédente. La même période a connu la création de 58.000 postes d’emploi rémunérés dont 49.000 postes en milieu urbain et 9.000 en milieu rural.

Le Haut-Commissariat au Plan indique que l’emploi non rémunéré, composé d’environ 98% d’aides familiales, a baissé de 31.000 postes, soit 4.000 en zones urbaines et 27.000 en zones rurales. Le taux d’emploi est passé pour sa part de 42,9 à 42,3% au titre des trois premiers mois de l’année. En milieu urbain, ce taux s’est situé autour de 35,6% contre 36% une année auparavant. Le taux d’emploi en zone rurale est de l’ordre de 52,9 % en repli par rapport à son niveau au premier trimestre 2014.

Le taux d’activité a également enregistré une régression. Il est passé, en une année, de 47,7 à 47%. Le repli a dans ce sens été observé au niveau de la population active âgée de 15 ans et plus. Cette dernière a atteint au cours des trois premiers mois de l’année 11.670.000 personnes. La population active âgée de 15 ans et plus a connu un léger repli. La population en âge d’activité a, en revanche, grimpé de 1,5%.

Sous-emploi : Plus d’un million de Marocains touchés

La situation du sous-emploi au Maroc est en constante évolution. Le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi s’est amélioré atteignant ainsi les 1.040.000 personnes contre 975.000 personnes observées au premier trimestre de l’année. Au niveau national, le taux de sous-emploi est passé en une année de 9,5 à 9,9%.

En milieu urbain, ce taux s’est élevé à 9,3% contre 9,1% observé la même période de l’année précédente. Le sous-emploi dans les zones rurales s’est établi, pour sa part, autour de 10,5% contre 9,9%. Les personnes exerçant dans le BTP sont les plus touchées par ce phénomène. Cette communauté affiche un taux de sous-emploi de 16,6%. Un constat qui, selon le Haut-Commissariat au Plan, est relevé aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Les personnes exerçant dans le secteur de l’«Agriculture, forêt et pêche» viennent en deuxième rang avec 10%.

L’agriculture, meilleur employeur au Maroc

Si l’emploi dans le secteur du BTP a connu une stagnation, les autres secteurs ont vu à la hausse leur volume. Près de 14.000 postes ont été créés au premier trimestre dans l’agriculture augmentant ainsi le volume d’emploi du secteur de 0,4%. Le secteur de l’industrie, comprenant également l’artisanat, a vu son volume d’emploi progresser de 0,8%. Ainsi, 9.000 postes ont été créés dans ce secteur, dont 8.000 emplois dispensés par la branche des «Industries extractives». De même, 4.000 postes ont été créés dans le secteur des services affichant ainsi un timide redressement au moment où la moyenne annuelle de création a été de 128.000 emplois au cours des trois dernières années.

Par milieu de résidence, l’évolution de l’emploi a été fortement constatée dans les zones urbaines. L’ensemble des secteurs d’activités a connu des créations d’emploi dans les villes. Le milieu urbain a connu donc la création de 19.000 postes dans le secteur de l’industrie y compris l’artisanat, soit une hausse de 1,9 % du volume d’emploi du secteur. Les services ont connu l’émergence, en milieu urbain, de 18.000 postes, en progression de 0,5 %.

Le BTP a connu dans la même zone la création de 7.000 postes en milieu urbain contre 1.000 postes créés dans le secteur de l’agriculture, forêt et pêche. En milieu rural, seul le secteur agricole a pu créer de la valeur en termes d’emploi. En revanche le secteur des services a perdu 14.000 postes au premier trimestre. Il en est de même pour les secteurs de l’industrie et du BTP qui ont enregistré respectivement 10.000 et 7.000 postes en moins.

Le marché de l’emploi en bref

• 61,8% des actifs occupés sont sans diplôme, 26 % ont un diplôme de niveau moyen et 12,2% un diplôme de niveau supérieur.

• Selon le secteur d’activité, la part des actifs occupés n’ayant aucun diplôme est de 43,3 % dans les services, 49,2% dans l’industrie, 66,4% dans le BTP et de 84,4% dans l’«agriculture, forêt et pêche».

• Le taux de participation des femmes à l’emploi est de 21,3% au niveau national, 13,8% en milieu urbain et 33,2% en milieu rural.

• 9,9% des actifs occupés sont sous-employés avec quelques disparités entre les secteurs d’activité : 16,6 % dans le bâtiment et travaux publics ; 10 % au niveau de l’agriculture, forêt et pêche; 9,1% dans les services; 7,5% au niveau du secteur de l’industrie y compris l’artisanat .

• 62,3 % des actifs sont sans contrat de travail, notamment dans le secteur de l’«agriculture, forêt et pêche» où cette proportion atteint 90%.

• L’emploi non rémunéré représente 20,6% de l’emploi au niveau national et 38% en milieu rural.

• 8,1 % des actifs occupés sont soit occasionnels, soit saisonniers.

• Près 78,5 % des actifs ne disposent pas de couverture médicale, 93% en milieu rural et 64,6% en milieu urbain. Parmi les salariés, cette proportion est de 58% au niveau national, 79,5% en milieu rural et 49,8% en milieu urbain.

• 22,5% des actifs occupés et 35% dans le secteur du BTP expriment le désir de changer d’emploi. Les raisons évoquées portent principalement sur la rémunération pour 70,5%, les conditions de travail pour 10,2 %, la stabilité pour 9,1 % et un emploi plus adéquat à la formation reçue pour 4,5 %.

• 1,7% des salariés au niveau national et 2,2% en milieu urbain déclarent avoir bénéficié d’une formation, prise en charge par l’employeur, au cours des 12 derniers mois.

• Près 3 % des actifs occupés sont affiliés à une organisation syndicale ou professionnelle, 5,6 % en milieu urbain et moins de 1 % en milieu rural. Parmi les salariés, cette proportion atteint près de 6 % au niveau national, 8 % en milieu urbain et moins de 2 % en milieu rural.

 

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