Entrepreneuriat, principal obstacle : les garanties pour le financement

Entrepreneuriat, principal obstacle : les garanties pour le financement

Réseau Entreprendre Maroc (REM) fait son lobbying pour trouver les sources de financement nécessaires aux porteurs de projets sélectionnés au préalable. Et la demi-journée du 6 mars sponsorisée, l’International Executive Service Corps (IESC) fut l’occasion de sensibiliser les différents porte-parole du tissu bancaire marocain.

Car il demeure clair que la problématique du projet bancable ou non demeure le frein premier des membres de l’organisation en regard des projets de jeunes ou moins jeunes qui ont sollicité le réseau, présidé, aujourd’hui par Aziz Qadiri. Les membres du Réseau qui a été créé il y a déjà quelques années par Jawad Cheikh Lahlou, (président d’honneur actuellement) demeurent, néanmoins, confiants.

Et les deux conventions signées ce jour même, avec d’une part la Fondation OCP et le CEED d’un côté, en sont un témoignage. Le premier partenaire permettra au réseau de doper l’entrepreneuriat dans les régions de prédilection d’OCP, à savoir Benguerir, El Jadida et Khouribga.
Le second est plus basé, selon Fatem Zohra Oukacha, la directrice du CEED, «sur une démarche proactive qui permettra de créer des synergies et même des ponts en termes de transfert de savoir-faire, de formation ou de coaching». Pour rappel, le CEED est également un réseau d’entrepreneurs désireux de s’exporter aux Etats-Unis et qui bénéficient de l’appui de l’USAID.

Un partenariat qui a été signé, il y a quelques semaines, avec l’AmCham (Chambre américaine) vise à mettre en œuvre la stratégie dans le sens de la prospection, de la formation et de la mise en relation entre les entreprises marocaines et leurs clients potentiels américains. Toujours est-il que le REM demeure très réaliste quant à ses réalisations et fixe comme objectifs d’atteindre les 45 lauréats en cette année 2014. L’accompagnement étant le seul moyen de conduire les jeunes porteurs de projets vers des pistes fructueuses…

L’exercice n’est pas simple et est conditionné par la disponibilité de professionnels, dévoués à la cause, efficaces dans leur réseau de connaissances, leurs compétences et leur engagement à transférer le meil -leur d’eux-mêmes à des jeunes qui ont pris le risque de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat.

«On va du principe que s’ils sont coachés, les jeunes porteurs de projets auront plus de chance de réussir. Nous leur octroyons un prêt qui varie entre 50.000 et 100.000 DH selon le projet, remboursable sans intérêt sur 5 ans. Ce prêt est, certes, symbolique, mais cela crée une relation forte basée sur une confiance, un échange», explique à juste titre M.Qadiri.

Il faut dire que depuis 2010, les membres apportent leur cotisation. Les prêts donneurs sont financés essentiellement par les institutions. La première étant la Société générale marocaine des banques (SGMB). La banque a signé son engagement à travers sa contribution de 1 MDH. La banque de Othman Benjelloun devrait suivre dans les prochaines semaines. Le conseil de Rabat a apporté, par ailleurs, une mise de 500.000 DH…

De son côté, la CCG (Caisse de consignations et de garanties) a opté pour la création d’un fonds au profit des jeunes pour rester dans sa neutralité concernant le partage des risques avec les institutions bancaires, lors de l’octroi des crédits par ces derniers.

Les fonds récoltés devant permettre une configuration de développement régional du Réseau Maroc Entreprendre. Mais quel que soit l’engagement des banquiers à soutenir la démarche, ils seront unanimes à dire que l’accompagnement relève exclusivement de l’action associative. Il est clair que les banques ne peuvent pas être juge et partie dans un projet. Objectivité oblige !

De leur côté, les témoignages de nombreux entrepreneurs, membres du réseau, convergent tous vers une et une seule idée, à savoir que l’accompagnement demeure la clé de voûte pour la réussite d’un jeune promoteur. «Je suis quelqu’un qui croit que ceux qui créent l’emploi sont des héros, car ils embrassent le risque pour créer de la richesse. Et si à ma petite mesure, je peux contribuer à cette création, je le fais». Le témoignage de Karim Tazi, DG de Richbond, résume plusieurs déclarations entre les membres du réseau qui ont pris la parole dans la salle.

Reste que les conditions d’octroi des crédits demeurent l’épée de Damocles des jeunes et de leur accompagnateur. Selon, en effet, Khalid Lahbabi, administrateur au sein du REM, «ces dernières représentent le principal obstacle à l’accès au crédit. L’expérience du Crédit jeunes promoteurs qui a été un véritable flop forçant la vigilance des banquiers et les institutionnels du système financier d’une manière générale».

C’est bien à ce titre que la création d’un comité ad hoc Vigilance a été proposée par l’administrateur. Il devrait permettre le conseil dans l’orientation du business plan et l’ouverture des réseaux pour faciliter les démarches aux porteurs de projets désireux d’être financés.
L’exercice n’est pas simple. Les idées innovantes portées par de jeunes lauréats désireux de voler de leurs propres ailes démontrent néanmoins qu’il en vaut la chandelle !

Billet: Garde-fous nécessaires

Une PME bien gérée renvoie une ambiance de travail saine à tous ses collaborateurs. Et les outils de bonne gouvernance ne manquent pas pour y arriver. La première démarche et la plus simple est de ne pas sauter une fonction dans l’organigramme.

Quelle que soit la taille de l’entreprise, les fonctions principales doivent être clairement mises en valeur pour transmettre à toutes les équipes un schéma clair du fonctionnement de la structure. Cette démarche renvoie tout simplement à la logique même de la séparation des tâches, principe d’excellence de l’audit.

Il est clair que ce n’est que de cette manière que les procédures seront suivies à la lettre, garantissant transparence et rigueur dans le travail. Un environnement sain ne pouvant conférer qu’une ambiance de travail tout aussi saine. C’est bien, ainsi, le souci premier de tout bon manager qui désire rassurer ses équipes et leur démontrer que la société est garante non seulement de productivité mais aussi de valeurs et de principes. La présence d’un service d’audit n’est donc pas à réfuter mais à plébisciter car il démontre une réelle volonté de la part de la direction générale ou du pacte d’actionnaires de garantir une gouvernance et donc par ricochet une stabilité au personnel. Il s’agit de toute une culture, vous l’aurez compris !

Et les entreprises les plus structurées se sentent dans l’obligation d’informer leurs équipes de tous les outils qu’elles déploient au service de la transparence et de la bonne gestion. Ce n’est, d’ailleurs, que de cette manière que les risques d’écart pourront être éradiqués et les failles élaguées. Le propre d’un bon manager est de veiller au respect des procédures. Il en va de sa crédibilité et de la bonne santé financière de sa société. D’ailleurs les modes d’évaluation internationaux intègrent dans leur système de notation ces donnes.

Les entreprises qui comptent exporter ou prétendre à un positionnement honorable sont obligées de passer avec brio cet examen. Les autres n’en sont en aucun cas exemptées, car les radars sont allumés et les dérapages ne sont plus permis… Ce n’est que par cette démarche que la gouvernance pourra être atteinte à l’échelle nationale.

 

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