Etat d urgence : La déclaration de Casablanca, signe d amorce ?

Etat d urgence : La déclaration de Casablanca, signe d amorce ?

C’est une première et elle s’est déroulée au Maroc. La première conférence des employeurs africains s’est déroulée les 25 et le 26 novembre derniers. Elle aura  permis aux représentants des pays africains de débattre sur les stratégies de création d’emplois à développer. Les organisateurs étrangers étant l’Organisation internationale des employeurs (OIE) et le bureau international du travail (BIT).

L’enjeu est clair et renvoie à une et une seule alternative ; celle de créer de l’emploi productif d’urgence.
En clair, il ne s’agit pas de résorption de chômage par des recrutements en masse «déguisés» mais une mise en œuvre d’une politique concrète basée sur l’adéquation emploi-formation.
Les organisateurs reconnaissent d’emblée que «le rôle du secteur privé représente un moteur de croissance et de création d’emplois productifs».
Et les défis sont énormes.

«La croissance économique n’a pas réussi à générer suffisamment d’emplois formels permettant de faire face à une entrée massive des jeunes et des femmes sur le marché du travail et de satisfaire les besoins de la demande des travailleurs diplômés et qualifiés». La problématique débattue parmi les différents intervenants venus des quatre coins d’Afrique ne date pas d’hier.

De son côté, le porte-parole de la CGEM dans le domaine de la formation emploi rappelle que pour rendre possible l’exercice, l’Etat doit créer les dispositifs légaux dans une vision de compétitivité. «L’objectif de cet événement est de créer un état d’urgence autour de la question de l’emploi et ce dans tous les pays d’Afrique. Aujourd’hui, les employeurs n’assument pas leur responsabilité. Il faut qu’ils deviennent des forces de propositions pour faire la pression sur les politiciens et les syndicats», déclare Jamal Belahrach, DG de Manpower Maroc, président de la commission emploi au sein de la CGEM.

Le discours est clair. L’ambition aussi: «Aujourd’hui une vingtaine de pays d’Afrique sont présents et ont les mêmes problématiques. Nous devons effectuer un audit qui pourra servir à tout le monde et qu’il puisse être redéployé selon les attentes de chaque pays».

C’est à cet effet qu’une task force des employeurs africains sur l’emploi, présidée toujours par Jamal Belahrach,  a été créée pour défendre la cause commune selon une  stratégie adaptée et cohérente. L’agenda prévoit la confection d’un livre blanc Afrique qui sera présenté au mois de juin lors de la Conférence internationale du BIT (Bureau international du Travail, émanation des Nations Unies) à Genève.
Bref, la déclaration de  Casablanca, telle qu’elle a été baptisée à l’issue de ce premier événement sur l’emploi vise une approche tridimensionnelle où opérateurs économiques, syndicats et gouvernement devront se mettre d’accord sans plus tarder sur une feuille de route claire et faisable de telle sorte à doper l’emploi conformément à la stratégie économique nationale de chaque pays.

L’exercice n’est pas simple mais l’état d’urgence a été déclaré ouvertement par 20 pays d’Afrique.

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