Allal Alain Difadi : «Les étudiants subsahariens préfèrent la filière Management»

Allal Alain Difadi : «Les étudiants subsahariens préfèrent  la filière Management»

Entretien avec Allal Alain Difadi, professeur permanent à l’ISGA

Satisfaits du système d’enseignement de l’ISGA, des parents d’élèves subsahariens m’ont souvent fait part de leur souhait de voir notre école s’implanter dans leur pays, notamment au Gabon, en Guinée et au Mali.

Dans cet entretien, le professeur permanent à l’ISGA, Allal Alain Difadi, évoque les pistes pour le renforcement des contacts et partenariat dans le domaine de l’éducation avec les pays subsahariens. Il est également question de l’expérience de l’ISGA dans le domaine de la formation d’étudiants originaires de pays africains.  Les détails.

ALM : Comment les écoles supérieures privées peuvent-elles accompagner la politique marocaine destinée à l’Afrique?

Allal Alain Difadi : Cela peut se faire par les actions suivantes :

– Faire connaître cette politique à travers des conférences et des journées de sensibilisation.

– Organiser conjointement avec les corps diplomatiques des évènements en l’honneur de l’Afrique dans divers domaines : économique, politique, spirituel, culturel et humain.

– S’ouvrir sur les différentes communautés d’étudiants subsahariens au Maroc en offrant à leurs associations la possibilité de présenter leur pays sur les plans politique, économique, social, culturel, sportif…

– Programmer des échanges d’étudiants de quelques semaines avec d’autres établissements universitaires africaines.

– Insérer dans les cursus d’études des modules d’ouverture sur la géographie, l’économie, la culture…. africaine ainsi que des modules sur des études comparées sur les différents systèmes africains au niveau économique (agriculture, industrie, commerce,…), juridique (avancées constitutionnelles, organisation judicaire, fiscalité…), de gestion (comptabilité, sociétés commerciales, gouvernance, responsabilité sociale des entreprises, développement durable…).

Nos étudiants, marocains et subsahariens, seront alors capables de connaître et de mieux comprendre nos différents ensembles régionaux, nos différents modes de gouvernance, nos richesses culturelles, nos potentialités et nos faiblesses économiques. Tout cela permettra de renforcer l’identité africaine auprès de nos étudiants et de la société civile de manière générale à une époque où nos jeunes et moins jeunes rêvent encore de quitter notre continent pour aller vers des eldorados chimériques européens.

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre expérience dans le domaine de la formation des étrangers au Maroc?

– Concernant les étudiants: Ils sont dans l’ensemble assidus, sérieux, très respectueux et à l’écoute. Ils possèdent en général leur matériel de travail mais certains préfèrent écrire au crayon. Ils ne trichent pas aux examens mais certains ont un rendement écrit plutôt lent. Leur expression orale en français est aisée mais beaucoup n’osent pas prendre la parole en classe.

– Concernant le contenu des cours : En tant que professeur de comptabilité à l’ISGA, je ressens toujours l’envie d’amener mes étudiants subsahariens à exploiter leur plan comptable national, à le présenter aux camarades de classe en identifiant les points communs et les différences avec le plan comptable marocain et le plan français.

Ce serait d’ailleurs un très bon thème de projet tuteuré pour nos étudiants de 3ème année de la filière Management. Ce serait aussi intéressant d’organiser une journée d’étude sur la comptabilité et sur l’enseignement de cette discipline en Afrique.

Quelles sont les filières d’enseignement qui sont les plus prisées par les étudiants étrangers et les autres qui peuvent être développées dans l’avenir?

D’après mon expérience à ISGA, je pense que les étudiants subsahariens préfèrent la filière Management et, au sein de cette filière, ils s’orientent beaucoup plus vers l’option Audit et Contrôle de Gestion. Malheureusement, beaucoup rentrent chez eux et occupent des postes de chargés de clientèle, notamment dans des structures bancaires, mais bien sûr il ne faut pas généraliser.

L’ISGA peut-il développer des partenariats avec d’autres pays à l’échelle du continent ou s’implanter carrément à l’étranger?

D’après mes contacts, je pense que des relations de partenariat peuvent être instaurées entre l’ISGA et d’autres établissements d’enseignement en Afrique. A maintes reprises, j’ai abordé ce sujet avec des parents d’étudiants subsahariens avec lesquels j’entretiens de très bonnes relations à distance grâce au courrier électronique et dont certains m’ont honoré de leur visite au Maroc. Satisfaits du système d’enseignement de l’ISGA, ces parents m’ont souvent fait part de leur souhait de voir notre école s’implanter dans leur pays, notamment au Gabon, en Guinée et au Mali.

Selon vous, quelle formation des compétences pour les défis à venir du continent?

A mon avis, il faut former des ingénieurs et des managers dotés de connaissances, de méthodes et d’aptitudes qui leur permettront de relever les différents défis auxquels est confronté notre continent, à savoir l’intégration africaine, l’accès aux nouvelles technologies, le développement durable, la maîtrise de la croissance démographique et de la croissance urbaine, la sécurité alimentaire, la fuite des cerveaux, etc.

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