Thami Ghorfi : «ESCA, une Business School de dimension internationale ancrée au Maroc et en Afrique»

Thami Ghorfi : «ESCA, une Business School de dimension internationale ancrée au Maroc et en Afrique»

Entretien avec Thami Ghorfi, président de ESCA Ecole de Management

Dans cet entretien Thami Ghorfi dévoile les contours de la stratégie de son établissement et revient également sur son parcours ainsi que les perspectives futures.

ALM: L’ESCA est une école leader sur le marché national. Quel bilan faites-vous de votre longue expérience ?

Thami Ghorfi : ESCA École de Management a choisi, depuis sa création, de miser sur l’excellence académique et l’internationalisation de ses activités de formation et de recherche. Pour ce faire, elle a opté pour un campus urbain au cœur de la capitale économique et la plus cosmopolite du Maroc.

L’Ecole bénéficie aujourd’hui d’un puissant réseau de 4.000 lauréats dans de très nombreux secteurs. Nos étudiants tirent avantage d’une forte connectivité avec le monde professionnel (64 partenariats entreprises pour des stages, emplois, recherche, formation continue, etc.), et d’un large réseau de partenaires internationaux prestigieux (Bocconi University (Italie), CEIBS (Chine), HEC Montréal (Canada), Rotterdam School of Management (Pays-Bas), et Stern School of Business de NYU (États-Unis)). Le corps professoral de ESCA Ecole de Management contribue d’une manière significative au développement de la pratique managériale au Maroc avec plus de 300 publications académiques. Les efforts déployés par l’école lui ont aussi permis de concrétiser sa vision, celle de devenir une école de référence au Maroc et dans la région. ESCA École de Management est aujourd’hui la seule Business School a détenir l’accréditation internationale AACSB au Maroc et en Afrique francophone. Elle est classée 1ère selon le classement international Eduniversal. En définitive, ESCA Ecole de Management montre que l’on peut être une Business School de dimension internationale ancrée au Maroc et en Afrique.

Comment voyez-vous le débat actuel sur la réforme de l’enseignement de manière générale et celui de l’enseignement supérieur en particulier ?

Le Maroc avance à grands pas sur le plan socioéconomique et confirme de plus en plus sa position de locomotive en Afrique. Ses entreprises ne cessent de se développer mais pour répondre aux ambitions du pays, elles ont besoin de renforcer leur compétitivité en accélérant leur performance et en explorant de nouvelles opportunités à travers l’internationalisation de leurs activités.

Le capital humain est un levier essentiel pour attirer tant l’investissement national qu’international. Le rôle de l’enseignement d’une manière générale et plus particulièrement, celui de l’enseignement supérieur est donc primordial. Ce dernier doit accompagner le développement des entreprises et les soutenir face aux nouveaux défis de compétition internationale et de transformations technologiques. Partant de là, la réforme de l’enseignement doit favoriser l’amélioration de la qualité des formations dispensées pour la hisser au niveau des attentes de notre tissu économique, en quête de ressources qualifiées et de formations adaptées. Un tel effort a été amorcé avec l’entrée en vigueur de normes pédagogiques nationales plus exigeantes dans le cadre du processus de la reconnaissance par l’Etat des établissements privés.  Je me permets de rappeler que ESCA École de Management a été la première école de gestion à accéder à ce statut. La réforme doit se poursuivre par la promotion de la recherche scientifique. Le Maroc a consacré moins de 1% de son PIB à la recherche en 2017, ce qui reste insuffisant. L’internationalisation de l’offre de formation est aussi un axe à développer en encourageant les partenariats internationaux et la mobilité internationale des étudiants et des enseignants. Ainsi, le Maroc peut se doter d’une offre de formation suffisante et satisfaisante pour les bacheliers et les étudiants internationaux et devenir effectivement un hub éducatif attractif pour les candidats des pays de la région. 

Comment l’ESCA se positionne-t-elle aujourd’hui par rapport à la concurrence dans le secteur ?

ESCA École de Management a pour mission de former des managers, entrepreneurs et socialement responsables, capables de contribuer activement à la performance des entreprises marocaines et à leur internationalisation. Partant de là, l’école se distingue par des formations qui préparent d’abord pour des postes de responsabilité et de management dans les entreprises ; 81% de nos lauréats sont des managers ou dirigeants d’entreprises. L’école se démarque aussi par l’expérience internationale unique qu’elle offre à ses étudiants à travers ses 300 places d’échange disponibles chez l’un de ses 96 partenaires (47 pays), et ses nombreux double diplômes. En rejoignant ESCA École de Management, nos étudiants ont l’assurance d’intégrer une école résolument ouverte sur le monde, avec ses 30 nationalités présentes sur le campus et ses 250 étudiants internationaux qu’elle reçoit chaque année dans le cadre des programmes d’échanges et de voyages d’études. Enfin, ESCA École de Management se distingue par son corps professoral dont la qualité des profils répond aux plus hauts standards internationaux (AACSB) en termes de diplômes, d’expérience professionnelle et de production scientifique.

Que pouvez-vous dire sur l’année universitaire en cours à l’ESCA École de Management ?

Il s’agit d’une année particulière pour ESCA École de Management. Elle a rejoint le club des 5% des Business Schools leaders dans le monde, en décrochant la prestigieuse accréditation AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business). Pour la première fois, une école marocaine et en Afrique francophone obtient une telle reconnaissance internationale. Créé il y a plus d’un siècle (1916), AACSB International est l’organisme d’accréditation des Business Schools le plus important au monde. Le Royaume devient ainsi le 54e pays à figurer sur la carte mondiale de l’excellence de la Business Education. Seulement trois autres pays africains sont à ce niveau :  l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria. Une telle consécration garantit à nos étudiants des formations alignées aux standards internationaux les plus exigeants et des compétences confirmées et recherchées par les entreprises. Les grandes entreprises et groupes internationaux connaissent la valeur d’une telle distinction et recrutent en priorité les profils formés par les Business Schools accréditées. Elle offre aussi à nos lauréats une reconnaissance internationale de leurs diplômes et des débouchés auprès des institutions académiques les plus prestigieuses dans le monde.

Comment se présente l’année prochaine ? Y aura-t-il des nouveautés ?

Forte de sa reconnaissance internationale, ESCA École de Management a choisi de diversifier son offre de formation en lançant, cette année, un Bachelor en Gestion des entreprises et un Master en Affaires Internationales. Le Bachelor en Gestion des Entreprises de ESCA École de Management a pour objectif de former des managers opérationnels pour des métiers dont les besoins sont exprimés d’une manière significative par de nombreux secteurs importants de l’économie marocaine. Le Bachelor offre des spécialisations comme E-Business et Marketing Digital, Achat et Logistique Internationale, Banque et assurances et Gestion Comptable et Financière. Nous lançons aussi un Master Affaires Internationales. Il s’agit d’une formation de haut niveau qui permet de développer les compétences de gestion et de leadership nécessaires aux activités de développement des affaires à l’international.

Un tel programme répond aux besoins de la stratégie d’internationalisation de l’économie marocaine à travers les investissements directs étrangers, les exportations et l’investissement en Afrique et une bonne connaissance des enjeux géopolitiques des différentes régions importantes pour le Maroc.

Quel message adressez-vous aux futurs bacheliers et candidats à l’ESCA École de Management ?

Je les félicite pour le chemin parcouru et les efforts déployés tout au long de leurs études secondaires. Ils abordent, maintenant, une étape déterminante dans la construction de leur avenir professionnel. Faire des études supérieures a l’avantage de leur offrir des opportunités de carrières diverses et prometteuses. Parmi les métiers les plus demandés par les entreprises marocaines, on retrouve ceux qui répondent aux besoins de management de leurs différentes activités. Pour accéder à ces carrières, les études à mener sont exigeantes, d’où l’importance de faire le choix approprié en termes de projet d’études (formation et institution).

Pour ce faire, il est essentiel de définir, d’abord, son projet professionnel et de prendre le temps de comprendre les débouchés et les enseignements dispensés dans les différentes formations pouvant le concrétiser. Je leur recommande de faire de nombreuses recherches sur les sujets qui les intéressent et surtout de poser des questions à ceux qui les ont précédés. Ensuite, il faut choisir une institution de qualité qui offre l’expérience pédagogique permettant de développer les compétences ciblées. Pour choisir une école de qualité dans le domaine du management, un candidat doit regarder si les écoles identifiées ont les reconnaissances nécessaires au Maroc et dans le monde. En effet, il doit vérifier si le diplôme de l’école est reconnu par l’Etat, et offrant ainsi la possibilité d’accéder aussi à des postes de la fonction publique et à des parcours d’études réglementés. Ensuite, le candidat doit s’assurer du niveau d’excellence académique qu’offre l’école et qui est généralement certifié par les accréditations internationales (exemple AACSB).

Parlez-nous des expériences étrangères dans le domaine de l’enseignement supérieur…

La stratégie internationale de l’école nous a permis non seulement d’offrir à nos étudiants l’opportunité de suivre des formations alignées aux standards internationaux, d’étudier dans un environnement d’apprentissage multiculturel, et d’avoir la possibilité de découvrir les études à l’international à travers ses programmes d’échanges et voyages d’études. Elle a aussi été à l’origine du développement et l’amélioration de plusieurs volets académiques, grâce au benchmark des meilleures pratiques en matière de gestion des activités de formation et de recherche. Nous pouvons citer l’introduction des nouvelles technologies dans nos services aux étudiants et dans notre pédagogie (e-learning, Business Games, etc.), l’enrichissement de nos contenus académiques par des notions importantes comme la géopolitique au service de la croissance des entreprises, le développement durable, le Big data, l’intelligence artificielle, etc.

Notre expérience à l’international nous a aussi donné l’occasion de soutenir la recherche sur des sujets importants, à savoir l’entrepreneuriat et le management des entreprises familiales et ce en cofondant avec des institutions de la région, respectivement, à titre d’illustration, un consortium dédié aux entreprises familiales dans le monde arabe. Nous avons aussi appris qu’il y a une concurrence mondiale sur la mobilité étudiante. Que de nombreux soutiennent leurs établissements privés et publics pour attirer des étudiants internationaux, c’est une richesse pour les pays d’accueil en termes de rentrées de devises, de capacité à attirer des bons profils qui peuvent y travailler à la fin de leurs études, et en termes de Soft Power évidemment. Nous devons travailler collectivement pour réussir collectivement si nous voulons faire du Maroc un hub éducatif régional.

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