Formation continue: La machine des CSF toujours grippée ?

Formation continue: La machine des CSF toujours grippée ?

En attestent les derniers chiffres. Malgré les nouvelles procédures et l’engagement des GIAC (Groupement interprofessionnel d’aide au conseil), l’octroi au financement est encore presque inaccessible aux PME. Ce sont les conclusions des membres concernés par le dossier au sein de la CGEM après 6 mois d’observation. La formation continue ne bénéficierait à ce jour qu’à 7% des salariés déclarés à la CNSS…

Ces résultats sont en contradiction avec la politique nationale qui prône plus que jamais la valorisation du capital humain.

Le scandale qui avait éclaté il y a une dizaine d’années avait conduit à la mise en place de procédures plus draconiennes pour authentifier les sociétés et les bénéficiaires. La mise en place du tiers payant aura également permis de responsabiliser davantage les salariés pour suivre la formation de manière assidue.

Toujours est-il qu’il semblerait que les meilleurs payeurs se situent au niveau de la catégorie des particuliers, c’est-à-dire ceux qui paient eux-mêmes la formation. Cette tendance est une réalité au Maroc. Les entreprises auraient pourtant tout à gagner de monter un plan de formation annuel et intégrer les salariés qui méritent d’en bénéficier, soit pour une promotion, soit pour leur propre développement professionnel.

Cette démarche permet toujours de fidéliser les équipes au-delà de l’augmentation de salaire. Elle permet également de créer l’émulation dans les équipes et de donner envie à d’autres de s’inscrire dans des cycles de formation les années suivantes.

Elle doit faire partie de la culture d’entreprise. La formation représentant une excellente manière de relever le niveau intellectuel au sein d’une entreprise. Les managers se plairont même à féliciter officiellement leurs cadres lauréats pour avoir affiché leur engagement à encourager la formation.

L’entreprise citoyenne le fait.  Et pour accélérer le processus mis en place dans le cadre des CSF, les entreprises doivent ainsi monter au créneau et établir des plans de formation. En les défendant auprès de la plate-forme dédiée à la formation continue au sein de l’OFPPT, elles finiront certainement par rendre les procédures plus claires et plus fluides. Car l’OFPPT a une obligation réelle de faciliter les procédures et accélérer l’accès à la formation continue à l’ensemble des personnes éligibles.

Toutes les parties sont finalement responsables d’assurer la réussite de ce processus. Si chacune des parties affiche clairement ses doléances et ses contraintes, la machine fonctionnera.

Dans le cas contraire, les CSF continueront à profiter uniquement à une frange minime de la population active. Le public et le privé auront tout intérêt à accorder leurs violons pour fluidifier les procédures d’octroi du financement.

Billet: A contre- courant …

Le dossier des CSF est un exemple parmi d’autres processus qui continuent à faire l’objet de blocage. A l’heure où tous les discours convergent vers la valorisation du capital humain, la réalité sur le terrain est tout autre.  La responsabilité est partagée entre l’office habilité à financer les formations et les entreprises elles-mêmes. Car c’est un fait: si les entreprises s’unissaient pour se faire entendre à ce niveau, elles pourraient faire du lobbying et faire avancer les choses dans le bon sens. Au lieu de cela, les managers sont souvent réfractaires aux doléances de leurs salariés qui souhaitent une formation. Pour certains, il s’agit d’une perte de temps et même d’une opportunité à demander une augmentation de salaire. D’autres, plus pris par le quotidien, n’ont juste pas le temps d’en débattre avec leurs collaborateurs.

Dans les deux cas c’est dommage car les salariés qui se remettent à niveau sont toujours plus rentables. Ils arrivent également avec des idées nouvelles qui permettraient de faire avancer la société vers d’autres horizons. Pour contrecarrer cet état d’esprit, il serait salutaire pour le top management d’une entreprise d’inscrire à un moment donné dans les agendas des uns et des autres ce point crucial de la formation. En discuter en découlera forcément des orientations. Des orientations qui ne devront pas être à contre-courant de la stratégie nationale.

Au contraire, la valorisation du capital humain exigée au plus haut de l’échelle d’une nation ne peut être atteinte que par la mise en place d’actions claires au bas de l’échelle, c’est-à-dire les entreprises. Ces actions ne pourront être mises en œuvre que si les procédures sont fluides et simples. Alourdir la machine c’est aussi se mettre à contre-courant. Les managers devront faire leurs choix et les assumer !

 

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