Formation-Emploi : Un tandem indissociable

Formation-Emploi : Un tandem indissociable

Le grand défi pour le Maroc aujourd’hui est d’adapter l’offre de la formation à la demande des employeurs

L’adaptation de la formation aux besoins du marché du travail est aujourd’hui considérée comme l’un des dossiers prioritaires. Plus loin encore, les responsables comptent aller vers une éducation et une formation pour anticiper la mutation des métiers. «Anticiper avec une approche prospective, c’est prévenir les inégalités futures qui vont différencier ceux qui auraient acquis les savoirs et les compétences pour vivre dans un monde nouveau de tous les autres. Ainsi, le développement du capital humain doit anticiper les mutations qui sont en train de s’opérer sur les métiers et les compétences engendrées par les évolutions rapides du numérique. En effet, une étude récente estime que 65% des enfants qui entrent actuellement à l’école primaire seront amenés à exercer des métiers qui n’existent pas encore aujourd’hui», disent les responsables du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique dans un rapport récent.

La même source précise que les progrès technologiques sont en train de bouleverser les économies et les sociétés alors qu’une reconfiguration du monde du travail et des métiers dans toutes les dimensions est en marche.

Une mutation qui concerne notamment l’espace, les modalités, la nature des métiers et leurs exigences en termes de compétences. «Certains métiers sont menacés par l’obsolescence générée par le numérique, d’autres nouveaux sont en train de se développer rapidement et deviennent de plus en plus sollicités. Ces changements exigent la flexibilité cognitive, la créativité, le raisonnement logique, l’identification des problèmes pour leur trouver des solutions, la maîtrise de la communication orale et écrite», prédit le Conseil. C’est la raison pour laquelle les responsables affirment que «le grand défi pour le Maroc est de former une nouvelle génération en mesure de faire face à ces mutations et à la compétition mondialisée, déjà engagée par les pays avancés, pour attirer les meilleurs talents, dont un bon nombre a été formé gratuitement par les universités des pays du Sud. Cette circulation dans le marché mondial des cerveaux, bien qu’elle crée une diaspora intellectuelle et scientifique qui reste attachée au Maroc, le prive, néanmoins, d’une élite de compétences ayant la capacité de renforcer son capital humain». Et d’ajouter: «Préparer les acteurs de cette révolution technologique exige d’élargir l’assiette de talents dotés des compétences ayant la capacité adaptative nécessaire pour suivre les transformations rapides de l’économie et des technologies».

L’autre défi du Maroc concerne la production du savoir. Dans le domaine du savoir, le Maroc subit, aujourd’hui, les disparités entre les pays du Nord et du Sud, manifestes, notamment, à travers la comparaison de sa production scientifique avec celle de certains pays émergents. Selon un rapport du Conseil, «la Malaisie a enregistré, de 2000 à 2015, un taux de croissance de 123% dans la production d’articles scientifiques, le Brésil 249% pour la même période, l’Afrique du Sud 249%, alors que le Maroc ne réalise que 72% pour la même période. En 2015, 1.813 articles dans les revues indexées ont été publiés au Maroc contre 11.432 en Malaisie (dont la taille de la population, 31 millions en 2016, est presque similaire à celle du Maroc), 43.300 articles au Brésil et 12.961 en Afrique du Sud».

Alors que le Maroc est en pleine remise en cause de son modèle de développement, les responsables expliquent que la révision de ce dernier «ne peut faire l’impasse de l’importance vitale qui devrait être accordée à l’émergence de l’excellence de quelques universités dans la production des talents et de la recherche». Or, poursuit la même source, «pour développer la recherche, il faudrait former une masse critique de chercheurs d’une part, et accorder aux universités le temps nécessaire à la production de la recherche, d’autre part». Certes, le Maroc dispose de nombreux atouts lui permettant d’édifier et de concrétiser un modèle de développement économique et humain, mais les responsables trouvent que l’éducation et la formation seront déterminantes, notamment pour créer une réelle valeur ajoutée. «Rehausser la qualité de l’éole, ses prestations et son rendement économique et social sans négliger personne est un impératif incontournable dans la perspective d’un modèle de développement humain équitable et durable», lit-on dans le rapport «Une école de justice sociale» du Conseil supérieur.

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