Formation exécutive: Vers un nouveau paradigme d’apprentissage

Formation exécutive: Vers un nouveau paradigme d’apprentissage

La formation exécutive est confrontée à des défis majeurs. La globalisation, l’exigence des recruteurs, la forte concurrence et l’intégration des technologies sont autant de facteurs qui incitent les leaders de l’enseignement à soumettre la formation aux impératifs de la compétitivité, de la qualité et de la bonne gouvernance.

Par Said Benamar (*)

Les nouvelles tendances en pédagogie ont donné naissance à un nouveau paradigme de l’enseignement, axé sur l’apprenant et l’apprentissage. Les recruteurs sont plus exigeants et cherchent des profils dotés de compétences en communication, leadership, innovation ainsi que de réelles capacités à accompagner le changement et à améliorer la compétitivité de l’entreprise.

Les institutions de formation sont aujourd’hui appelées à se mettre au diapason de ces exigences en adoptant un modèle d’enseignement focalisé sur l’apprenant avec des offres de formation exécutive destinées aux professionnels. Parce que le modèle d’enseignement axé essentiellement sur l’enseignant et les enseignements montre ses limites, l’Université doit orienter ses efforts non seulement sur les compétences des enseignants mais aussi sur les aptitudes que les apprenants doivent développer au cours de la formation.

Il est ainsi recommandé d’adopter une approche basée sur l’apprentissage par expérience, ce qui permet aux participants d’être opérationnels sur le terrain, d’établir des connexions entre chaque domaine de gestion, tout en étant aptes à travailler en équipe.

Repenser notre pédagogie

Les acteurs du monde professionnel reprochent aux institutions de formation marocaines de continuer à dispenser un enseignement qu’ils estiment en inadéquation avec les exigences de la société de l’information contemporaine.

Un des facteurs expliquant cette situation réside dans le fait que les universités au Maroc se sont longtemps focalisées sur les inputs – les programmes académiques, l’organisation des filières, le volume horaire des cours et les ressources – au lieu de se concentrer sur les résultats d’apprentissage, qui désignent la capacité de l’apprenant à s’approprier le savoir en vue d’apporter un changement positif dans son contexte professionnel ou sociétal.

Les participants, les entreprises et la société civile ont besoin de plus d’informations pour se décider sur les programmes à valeur ajoutée auxquels ils veulent souscrire. Les institutions académiques disposent du potentiel pour se positionner comme une solution et non un problème, tandis que les décideurs et les acteurs de l’enseignement doivent se focaliser davantage sur les résultats du processus d’apprentissage.

L’adoption du paradigme de l’apprentissage aura pour effet d’abord d’engager les universités dans une démarche collaborative avec l’ensemble des intervenants, incluant les participants, le monde professionnel et la société civile. Dans un second temps, cette adoption donnera lieu à des changements visant à recentrer les efforts pédagogiques sur l’apprenant via l’adoption d’une pédagogie expérientielle, interactive et flexible.

Les recherches en psychologie de l’éducation ont apporté des réponses significatives aux interrogations sur les processus et styles d’apprentissage des étudiants. Elles ont notamment mis en lumière la corrélation positive entre la réussite académique et les stratégies pédagogiques innovantes, telles que les méthodes collaboratives et l’approche par projet.

La transition de notre dispositif de formation vers ce nouveau paradigme de l’apprentissage requiert donc un contrat-programme engageant l’ensemble des intervenants dans le cadre d’une approche collaborative qui place l’étudiant ou l’apprenant au centre de tout agenda du changement.  Plus que jamais, les institutions académiques doivent prendre leurs responsabilités en articulant leur rôle autour d’une véritable mission éducative. L’objectif est non pas de diplômer nos étudiants mais de les transformer en des acteurs capables de créer un changement social positif dans leur environnement socio-économique.

(*) Docteur en sciences de l’éducation et directeur de la formation

éxecutive à l’Université Internationale de Casablanca.

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