Formation professionnelle en Afrique : Le digital, une mine d’or

Formation professionnelle en Afrique : Le digital, une mine d’or

il faudra lutter contre les préjugés et changer les mentalités pour revaloriser la formation professionnelle et ses débouchés aux yeux des Africain.

L’adéquation formation-emploi, l’amélioration de la performance des systèmes de formation professionnelle, la formation professionnelle comme vecteur d’intégration des migrants…Autant de sujets qui ont été abordés lors du 1er Forum africain de la formation professionnelle dont les travaux ont pris fin, samedi 22 décembre, à Dakhla. Pour cette 1ère édition, plus de 20 pays représentés par des délégations de haut niveau étaient présents pour discuter de la gouvernance des systèmes de formation professionnelle au service de l’employabilité en Afrique.

S’exprimant lors de ce forum, Said Amzazi, ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a expliqué que «la formation professionnelle incarne le levier d’employabilité par excellence puisqu’elle se focalise sur l’acquisition de compétences directement en lien avec les réalités économiques, plus encore que ne le font les autres types de formations censées améliorer notre capital humain». Toutefois, les défis qui se présentent supposent d’inclure «une population jeune de plus en plus nombreuse et fortement impactée par le chômage dans notre développement économique et social, et en même temps de former une main-d’œuvre suffisamment qualifiée pour permettre à nos tissus économiques de s’intégrer avec succès à la concurrence mondiale», indique-t-il. Pour le ministre, «il faudra également lutter contre les préjugés et changer les mentalités pour revaloriser la formation professionnelle et ses débouchés aux yeux des Africains».


S’exprimant lors de ce forum, Mohcine Jazouli, ministre délégué chargé de la coopération africaine, a mis l’accent sur la nécessité de profiter des nouvelles technologies pour développer la formation sur le continent compte tenu du nombre d’utilisateurs de plus en plus croissant en Afrique. «La transition vers les métiers de demain appelle à une refonte dans la gouvernance de la formation professionnelle. Elle nous appelle a s’appuyer sur les outils digitaux». En 2018,  il y a eu 1 milliard de connexions mobiles en Afrique. «Nous avons là une possibilité de développer l’offre de formation», explique Mohcine Jazouli ajoutant que «la formation se fait dans les écoles ou dans les centres de formation, elle se fait également en ligne à travers le e-learning». Pour lui, «c’est une nouvelle manière de désenclaver l’offre de formation et de la rendre accessible à tous».

La Déclaration de Dakhla adoptée

A l’issue du forum, la «Déclaration de Dakhla pour la promotion et le développement de la formation professionnelle en Afrique» a été adoptée par les ministres africains, les représentants des pays et les organismes participants. Celle-ci appelle les pays africains à collaborer avec l’Union africaine (UA) afin d’élaborer un cadre africain pour la certification. Celui-ci devrait être la référence pour les cadres de certification adoptés par chaque pays. De même, la Déclaration invite le Maroc à maintenir son action liée à la promotion de la coopération Sud-Sud en faveur du continent en matière de formation professionnelle.

Par ailleurs, le ministère de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique du Maroc s’engage à rehausser le quota mis à la disposition des pays africains frères dans les établissements de formation professionnelle et dans les programmes de formation par apprentissage. De son côté, l’Agence marocaine de la coopération internationale (AMCI) s’engage à renforcer son soutien au profit des bénéficiaires issus des pays africains dans le cadre de leur formation dans des établissements relevant de l’OFPPT. Cette déclaration appelle également à mettre en place des centres d’excellence dans le cadre de la coopération Sud-Sud et de pérenniser le Forum africain sur la formation professionnelle à travers son organisation régulière tous les deux ans. A cet égard, la mise en place d’une commission mixte regroupant plusieurs pays africains membres de l’Alliance africaine pour le développement de la formation professionnelle a été proposée. Celle-ci aura pour mission d’arrêter la thématique du prochain forum, prévu en 2020, et le pays coorganisateur avec le Maroc.

Six nouveaux membres rallient l’Alliance

Au cours de cette édition une réunion du comité d’exécution de la convention-cadre relative à l’Alliance africaine pour le développement de la formation professionnelle (ADEFOP) a été tenue. A cet effet, 6 pays ont exprimé leur volonté d’adhérer à cette Alliance, à savoir le Kenya, le Ghana, le Congo Brazzaville, le Soudan du Sud et Madagascar. Le prochain rendez-vous aura lieu fin mars pour tenir l’assemblée générale et élire les instances de l’Alliance afin de commencer à exécuter le programme et la feuille de route qui sera préparée d’ici là.

«La formation professionnelle représente un axe de développement majeur»

3 questions à Mohcine Jazouli, ministre délégué chargé de la coopération africaine

ALM : En quoi ce Forum est-il important ?

Mohcine Jazouli : Ce Forum est important quantitativement et qualitativement. Quantitativement parce qu’il y a plus de 500 participants avec les représentants de 22 pays du continent africain et puis qualitativement car la formation professionnelle représente un axe de développement majeur de chacun des pays du continent.

Quelle en est la finalité ?

Ce Forum a regroupé nos pays partenaires pour partager avec eux l’expérience marocaine, le retour d’expérience sur ce qui est fait au Maroc et actuellement ce qui est fait dans certains pays du continent.

Qu’est-ce qui pourrait être fait en termes de coopération dans le secteur de la formation professionnelle avec les pays du continent ?

Nous faisons déjà beaucoup de choses en termes de coopération, nous avons plus de 8 centres dans 8 pays amis qui sont déjà installés. Des centres qui opèrent dans le bâtiment et travaux publics, dans les métiers de la restauration et du tourisme ou encore dans les métiers du transport et de la logistique.

Six accords de coopération signés

Lors de ce forum, l’OFPPT et l’AMCI ont signé six accords avec six pays, à savoir Djibouti, Burkina Faso, Tchad, Guinée-Bissau, Mali et Madagascar entre l’OFPPT et l’Agence marocaine de coopération internationale.

A cet effet, Loubna Tricha, directrice générale de l’Office, explique : «Cette première édition du Forum africain pour la formation professionnelle vient de créer un cadre global d’échange et de transfert d’idées et d’expertise entre les différents pays du continent africain sur un sujet d’importance majeur qui est celui de la formation professionnelle.

Pour l’OFPPT nous avons procédé à la signature de 6 conventions avec 6 pays partenaires permettant de créer un cadre global de coopération pour accompagner ces pays frères à renforcer et à restructurer leur dispositif de formation professionnelle dans leur pays et puis aussi augmenter le quota des stagiaires issus de ces pays que nous recevons en formation au Maroc en partenariat avec l’Agence marocaine de coopération internationale qui assure l’octroi des bourses à ces bénéficiaires».

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