Khalid Baddou : «Les travaux d’extension du principal campus vont démarrer courant 2019»

Khalid Baddou : «Les travaux d’extension du principal campus vont démarrer courant 2019»

Entretien avec Khalid Baddou, directeur de communication de l’Université polytechnique Mohammed VI de Benguerir

L’Université Polytechnique Mohammed VI de Benguerir est un lieu de recherche et développement par excellence. Une bibliothèque moderne, des laboratoires de recherche équipés, un incubateur de start-up, des espaces de vie en communauté pour les étudiants… L’établissement ne cesse de se développer afin d’offrir aux jeunes une formation et un accompagnement qui leur permettront de donner libre cours à leur créativité. Pour preuve, l’Université est en train de mettre en place un fonds d’investissement dont la prise de participation s’élève à 25.000 dollars pour chaque start-tup. Pour compléter cet écosystème, un tech parc de 30.000 mètres sera d’ailleurs construit en face de l’Université. Pour son incubateur, celle-ci organisera à partir de juin un road show dans 4 pays africains (Maroc, Côte d’ivoire, Éthiopie et Nigeria) afin de choisir 20 start-up pour ce projet. Outre cela, l’Université commencera bientôt des travaux d’extension et souhaite accueillir davantage d’étudiants tout en assurant une formation qui s’adapte aux besoins actuels du monde de la recherche. Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de  Khalid Baddou, son directeur de communication.

ALM : L’Université connaîtra bientôt des travaux d’extension. Quels sont les espaces qui seront concernés par ces travaux? Khalid Baddou : Les travaux d’extension du principal campus de l’Université Mohammed VI polytechnique vont démarrer courant de l’année 2019, c’est-à-dire dans quelques mois, avec l’objectif de tripler l’espace actuel. Aujourd’hui on est pratiquement sur près de 18 hectares, la finalité c’est d’arriver à 60 hectares en 2021 avec des espaces de cours des laboratoires, un centre de conférence, un hôtel 4 étoiles mis à disposition du centre de conférence, des résidences pour les étudiants, des espaces de vie. Nous souhaitons aussi avoir un campus qui soit connecté à la ville de Benguerir. A l’image des modèles des grandes universités, on espère faire de notre université un établissement auquel l’accès est libre pour tout le monde, tous les riverains peuvent accéder à l’université et à travers la ville verte. L’objectif à terme en nombre d’étudiants pour 2025 c’est d’arriver à 6.000 étudiants sur le campus principal de Benguerir mais aussi sur les différentes antennes de l’Université qui sont en phase de développement.

Combien d’étudiants compte actuellement l’Université et quelle est la part des étudiants étrangers ?

Nous sommes actuellement 650 étudiants dont une cinquantaine d’étrangers. Principalement de l’Afrique subsaharienne. L’objectif c’est d’arriver à au moins à 20% d’internationaux qui vont faire partie de l’Université. Nous avons aussi des professeurs et des universitaires et des chercheurs qui viennent de différents pays d’Europe et de pays d’Amérique du Nord, notamment des Etats-Unis. Le staff de l’Université compte également un certain nombre de chercheurs de la diaspora marocaine. On a aussi des professeurs affiliés.

Quelles sont les formations qui seront disponibles à partir de la rentrée prochaine ?

Pour la rentrée prochaine on lance toute une série de formations, notamment de nouvelles licences sur les sciences de données, sur les sciences comportementales et les sciences économiques. Nous lancerons également des masters sur la géopolitique, sur l’économie, ou encore sur l’agriculture. On ouvrira aussi un master sur les sciences de matériaux pour la rentrée prochaine.  L’offre de formation au sein de l’Université est assez étoffée. Notre modèle est assez différent dans le sens où c’est la recherche qui impose les besoins en formation. Si on se rend compte qu’à travers la recherche il y a un besoin en formation de créer un nouveau master ou une nouvelle licence, on le développe et on ramène les compétences et les professionnels qui l’assureront.

L’Université a un partenariat avec le Groupe OCP sur plusieurs volets. En quoi consiste ce partenariat ?

Aujourd’hui l’université gère une bonne partie de l’agenda de recherche d’OCP. C’est une entreprise industrielle qui travaille dans l’extraction du phosphate et la transformation du phosphate et des produits dérivés. Le futur d’OCP se trouve ici à l’Université, c’est-à-dire que le développement pour les 15 et 20 prochaines années pour le Groupe se fait à l’Université en collaboration avec les équipes de recherche d’OCP. Il y a ce volet au niveau de la recherche. Il y a un autre volet qui est celui de la formation. Donc depuis qu’OCP s’est transformé en société anonyme, le mode d’évolution de carrière au sein du Groupe a changé. Il n’est plus lié à l’ancienneté au niveau de l’entreprise mais à la performance et à la formation des cadres.

L’Université accompagne le projet «Al Moutmir» développé par le Groupe OCP, à travers notamment un laboratoire qui analyse entre autres les échantillons de sols. Quels sont les autres projets R&D à vocation agricole sur lesquels vous travaillez avec le Groupe ?

Ce laboratoire a démarré il y a deux ans maintenant avec un projet de délocaliser au niveau de la ferme expérimentale qui est à quelques kilomètres de Benguerir. La ferme expérimentale est étalée sur 100 hectares qui sont mis à la disposition des chercheurs pour mieux connaitre le sol, les plantes et pour aussi faire de l’expérimentation et des travaux sur le développement de nouveaux fertilisants, des engrais qui sont destinés pour les plantes. On projette aussi d’ouvrir des fermes expérimentales dans un certains nombre de pays d’Afrique. Comme vous le savez, la nature des sols est différente selon les pays. Le prochain projet sera à Yamoussoukro en Côte d’ivoire. Il s’agit d’une ferme expérimentale avec l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny. L’objectif de cette ferme expérimentale est d’offrir des fertilisants et des engrais qui sont adaptés pour le sol ivoirien. C’est une ferme dont le terrain a été identifié ; on travaille actuellement sur son format juridique pour qu’elle puisse être mise à la disposition des étudiants à l’horizon 2019-2020 maximum.   

 

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