Les diplômes de l’UM6SS seront reconnus équivalents à ceux du public

Les diplômes de l’UM6SS seront reconnus équivalents à ceux du public

Entretien avec Pr Abdelkrim Bahlaoui, doyen de la Faculté de médecine de l’Université Mohammed VI des sciences de la santé

Né en 1953, à Casablanca, Pr Abdelkrim Bahlaoui est professeur agrégé depuis 1988. Ses activités sont axées sur l’étude des fonctions respiratoires. Directeur de l’hôpital du 20 Août en 1991, directeur de l’hôpital d’enfants malades Abderrahim Harrouchi en 1995 et directeur de l’hôpital Ibn Rochd en 2006, l’homme a géré bien des affaires sur le plan administratif aussi et entre autres !

ALM : Quelle est la reconnaissance des diplômes délivrés par l’université Mohammed VI des sciences de la santé dans la filière médecine ?

Pr-Bahlaoui-Doyen-de-la-faculte-de-medecinePr Abdelkrim Bahlaoui : Depuis son ouverture, toutes les formations de l’université Mohammed VI des sciences de la santé (UM6SS) ont été accréditées par le ministère de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique. Ensuite le décret N° 2-15-183 du ministère de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique a fixé la liste des universités et établissements liés à l’Etat par une convention de partenariat en matière de développement de l’enseignement, de la formation et de la recherche scientifique, tels que énumérés dans l’article 2 du décret N° 2-14-665, promulgué le 16 Moharram 1436 de l’Hégire (10 novembre 2014), et l’Université Mohammed VI des sciences de la santé en fait partie. Et de ce fait, les diplômes de l’UM6SS seront non seulement reconnus par l’Etat mais, plus encore, reconnus équivalents à ceux du public.

Quels sont les critères de sélection du corps professoral ?

Le cursus est conforme en tous points au cahier des normes pédagogiques nationales établi par le ministère de l’enseignement supérieur de la formation des cadres et de la recherche scientifique. Des innovations sont apportées notamment avec l’utilisation de moyens didactiques de nouvelles générations, telles que le e-Learning, les bibliothèques numériques, les tables digitales d’anatomie, ainsi que l’apprentissage par simulation. A ce propos l’université dispose du plus grand centre de simulation médicale du continent africain.
L’Université a signé des conventions de partenariats avec toutes les universités publiques marocaines et procède dans ce cadre, entre autres, à un échange d’enseignants avec toutes les facultés de médecine et des sciences du Royaume. Des conventions existent aussi avec des universités étrangères dont  l’université de Lyon, l’université de Paris Diderot, l’université de Franche-Comté, l’université de Montpellier, etc., et dans ce cadre aussi, d’éminents professeurs des facultés de médecine de ces universités dispensent des cours dans notre faculté de médecine. Enfin, des concours de recrutement de professeurs assistants dans les différentes spécialités en sciences fondamentales et cliniques ont eu lieu cette année, et un contingent d’une soixantaine de professeurs assistants est en train d’intégrer la faculté en tant qu’enseignants permanents.

Quelles sont les spécialités prévues et dans quel cadre d’accès?

Notre université a entamé sa deuxième année d’existence et a déjà organisé son premier concours de recrutement de professeurs assistants au profit de jeunes médecins spécialistes, lesquels évolueront vers des fonctions de professeurs agrégés puis de professeurs de l’enseignement supérieur. C’est la première étape d’une stratégie globale qui aboutira aussi à la mise en place d’un cursus de formation de médecins dans toutes les spécialités, à l’instar de toutes les facultés de médecine et selon les mêmes modalités de sélection en matière de concours d’internat et de résidanat.

Quelles sont les perspectives de pouvoir poursuivre la spécialité à l’étranger ?
Nos étudiants, qui le désirent, pourront comme leurs camarades des facultés publiques poursuivre leurs études de spécialités à l’étranger.
Comme il a été cité plus haut, l’Université Mohammed VI des sciences de la santé a déjà noué des conventions de partenariat avec plusieurs universités étrangères et ce processus se poursuivra pour en englober d’autres.

Quelle est votre stratégie pédagogique?

La Faculté de médecine se veut dès sa création une institution au service de la santé et du bien-être des populations. Sa mission est de répondre aux besoins de notre pays en formant des médecins à la fois excellents praticiens, compétents, autonomes, efficaces, ouverts sur le monde et ses changements, et aussi acteurs du développement social de notre pays.

Pour cela, une analyse de l’évolution de la société, des connaissances et des techniques a amené la Faculté de médecine à baser sa stratégie sur une sélection rigoureuse de ses étudiants basée sur le mérite scolaire et sur l’intégration et le développement d’un enseignement précurseur où la formation est organisée sur un mode d’enseignement intégré, axé sur l’apprenant. Les étudiants bénéficient de ce fait pour une grande partie du programme d’enseignement, d’un encadrement de proximité qui privilégie une formation dirigée et pratique. L’apprentissage y est organisé par petits groupes de 25 à 30 étudiants, placés sous la supervision de tuteurs formés à cette méthode.

L’objectif est de permettre aux étudiants de devenir les acteurs de leur apprentissage. Et ce, grâce, d’une part, à des méthodes et outils modernes d’enseignement et d’autre part, aux activités cliniques développées au sein des centres de santé et des hôpitaux. Les étudiants de la faculté de médecine suivent aussi une formation rigoureuse en sciences fondamentales et en sciences de la santé auxquelles s’ajoutent des modules de support de formation générale, afin de dispenser une solide culture générale de base. Notre objectif est de former davantage de médecins pour notre pays et contribuer ainsi à combler le déficit en médecins constaté par les autorités et traduit par l’initiative «3.300 médecins à l’horizon de 2020» lancée par le ministère de la santé. Elle est de ce fait complémentaire, et agit en étroite collaboration et en symbiose avec les facultés de médecine publiques.

Existe-t-il des synergies entre les différentes facultés de médecine existantes dans le Royaume ?

Dans le cadre des conventions de partenariats qui lient notre université au ministère de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique, avec le ministère de la santé, avec les Universités nationales, et au niveau local avec la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca et le CHU de Casablanca. Un comité mixte est déjà constitué par les doyens des deux facultés de médecine et des présidents des deux universités, l’Université Hassan II et l’Université Mohammed VI des sciences de la santé pour la mise en œuvre et le suivi de plans d’actions visant à stimuler les synergies entre les deux institutions dans les domaines de la formation et de la recherche. Des manifestations académiques et sportives communes ont déjà été réalisées. L’Université Mohammed VI des sciences de la santé, et donc notre faculté de médecine, est une institution d’utilité publique, à but non lucratif, dont la finalité première est d’améliorer la santé des populations de notre pays. Son apport  s’effectuera sous la forme de formations initiale et continue des médecins et des professionnels de la santé, en recherche scientifique et médicale notamment sur des problématiques de santé publique spécifiques à notre pays et à notre région.

Sur un autre registre et non des moindres, disposez-vous d’un système de bourses pour les plus méritants et qui n’ont pas forcément les moyens ?

Dans ce cadre des bourses sont accordées à tous les étudiants admis en liste principale au concours de notre Faculté de médecine, justifiant de ressources financières limitées. Une commission de bourses où siège un représentant du ministère de l’enseignement supérieur étudie, tous les ans, toutes les demandes de bourses et statue sur la base de critères socio-économiques précis. Actuellement 30% des étudiants sont boursiers.

De l’innovation dans les moyens pédagogiques
• Le centre de simulation :

outil innovant pour développer les compétences pratiques et stimuler la créativité. La simulation est désormais un élément incontournable. Ce centre est une structure interprofessionnelle et multidisciplinaire où les étudiants, mais aussi les médecins, infirmiers et thérapeutes pourront apprendre et rehausser leurs compétences dans un environnement reproduisant fidèlement les conditions de l’urgence, les complications et même l’incertitude liée aux moyens thérapeutiques. Il bénéficie d’une infrastructure adaptée, de matériel de simulation de dernière génération et d’une animalerie avec bloc opératoire pour la chirurgie robotisée.

• Un centre de recherche :
Il a été conçu pour contribuer au développement des sciences de la santé mais également pour initier les étudiants à la recherche dès leurs premières années d’études. l’Université Mohammed VI des sciences de la santé vise également à travers ce centre à constituer l’interface régionale pour «l’implémentation science» des recherches opérées dans les pays du Nord pour en faire bénéficier les pays du Sud avec l’expertise et la levée de fonds qu’elle requiert, et ambitionne de se positionner aux niveaux national, régional et international en matière de recherche clinique translationnelle et de développement de l’approche «médecine des systèmes».

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