Mohamed Knidiri: «Le système public n’est pas gratuit, nous en supportons le coût»

Mohamed Knidiri: «Le système public n’est pas gratuit,  nous en supportons le coût»

Interview du Professeur Mohamed Knidiri, président académique de l’Université Privée de Marrakech

En 30 ans,ce sont près de 10.000 étudiants que nous avons formés et accompagnés vers l’emploi sur des postes à responsabilité dans tous les secteurs de l’économie.

Depuis l’ouverture des portes de l’UPM en 2006, avez-vous constaté un changement des profils que votre établissement attire ? 

Mohamed Knidiri : Nous constatons une évolution logique des profils. Cela est principalement dû à l’évolution de nos programmes depuis 10 ans. Nous avons commencé en 2006 avec le Management en Hôtellerie Internationale, le programme VATEL. L’ouverture de ce programme fut suivie de l’ouverture du pôle Management. Aujourd’hui nous avons six pôles de formation dont l’Ingénierie et la Santé. Les formations qui les composent attirent des étudiants venus de tous les horizons.

Nous avons également noté que les jeunes sont de plus en plus responsables et impliqués dans leurs études. Ils ont un désir de prendre leur formation en main, d’en devenir acteurs. C’est ce qui nous a permis de faire évoluer nos formations et de laisser une part plus grande aux projets permettant l’acquisition d’une expérience professionnelle. Ce qui peut être aussi relevé, c’est le fait

que de plus en plus de jeunes qui ont la capacité financière de partir à l’étranger font le choix de rester et de suivre leur formation au Maroc. Ceci est la résultante du travail fait sur la qualité des formations, les partenariats avec des écoles et universités étrangères de renom permettant l’échange à l’international et la double diplômation.

Qu’en est-il des choix de spécialités?

L’évolution des choix des spécialités est consécutive aux différents lancements de programmes que nous avons effectués depuis que le campus est ouvert. Ainsi, nos programmes ingénieurs, plus particulièrement le Génie Civil ou les Energies Renouvelables, sont très demandés par les jeunes bacheliers qui sont conscients des perspectives de développement et d’emploi, non seulement au Maroc mais aussi sur le reste du continent africain.

L’évolution du choix des spécialités est donc fonction de nos ouvertures de programmes qui sont elles-mêmes consécutives aux évolutions et besoins du marché de l’emploi.

Parmi les différents choix de disciplines qu’offre l’UPM figurent les métiers liés au sport. En quoi consiste cette formation et quels sont ses débouchés ?

Depuis quelques années, un nombre croissant d’entreprises, dans tous les secteurs d’activité, accordent un intérêt croissant au domaine du sport et à sa promotion. Le sponsoring sportif fait partie intégrante de leur politique de marketing et communication.

En effet, associer son nom à une équipe, un club, un sport, permet de véhiculer une image de performance et de dynamisme auprès du grand public. Selon des estimations, le secteur du sport au Maroc emploie plus de 240.000 personnes et génère un chiffre d’affaires estimé à 600 millions de dirhams – chiffres de 2015. Lors des Assises nationales du sport de 2008, le sport a été érigé en tant que priorité nationale.

Un club de sport, quel qu’il soit, fonctionne comme une entreprise. Il a besoin de spécialistes en marketing, en communication, en commercialisation, en gestion de personnel,… L’Etat marocain a déployé des efforts considérables en faveur de la structuration et de la modernisation du secteur, afin de bâtir les fondations solides d’une réelle économie du sport au Maroc. Management du sport, marketing sportif, communication, événementiel sportif, …, la gestion des activités sportives est devenue une activité à part entière et de nombreux métiers s’ouvrent à tous les jeunes passionnés de sport.

Sur quelle base l’UPM choisit-elle les spécialités proposées? Prévoyez-vous d’en intégrer de nouvelles dans un futur proche ?

Le choix de nos programmes  est basé sur une connaissance approfondie du marché de l’emploi et une proximité avec les professionnels, chefs d’entreprises, DRH notamment. Nous nous basons également sur les grands plans de développement sectoriels nationaux et africains  qui tracent la voie en termes de développement et de besoins en ressources humaines.

Bien entendu nous prévoyons d’intégrer de nouvelles formations. Nous le faisons chaque année. Cette année ne déroge pas à la règle. Nous lançons le programme Licence et Master Sciences Politiques, le programme en Sciences Biomédicales, les programmes Bac+5 en Management Hospitalier, Ingénierie Biomédicale ou encore Santé et environnement. Avec 60% des métiers qui seront exercés d’ici 2030 qui n’existent pas encore aujourd’hui, nous avons encore beaucoup de travail et de perspectives de développement des programmes.

Comment évaluez-vous l’insertion de vos lauréats au sein du marché du travail local et celui international?

Cela fait 30 ans que nous opérons dans l’enseignement supérieur. D’abord à travers notre première école créée en 1987, établissement qui fait partie de ceux qui composent l’UPM, puis à travers la création du campus il y a 10 ans. En 30 ans, ce sont près de 10.000 étudiants que nous avons formés et accompagnés vers l’emploi sur des postes à responsabilité dans tous les secteurs de l’économie.

Le côté très professionnalisant que nous donnons à toutes nos formations avec l’obligation d’acquérir une expérience en plus de l’aspect théorique de la formation est un des éléments qui nous permet d’obtenir un très bon taux d’insertion de nos lauréats. Plus de 70% intègrent naturellement le marché de l’emploi dans les 3 mois qui suivent l’obtention de leur diplôme et le reste dans les 6 mois.

Il en va de même à l’international où certains de nos lauréats étrangers sont même insérés dans des fonctions ministérielles dans leur pays d’origine. Quant à nos lauréats marocains à l’étranger, nous en avons en Chine, aux Etats-Unis, en Europe ou bien encore dans les pays du Golfe. Tous évoluent vers  des postes de direction de service.

Pour répondre à une question que plusieurs se posent, peut-on dire qu’une université privée est de facto élitiste ?

Pourquoi élitiste ? Parce que payante ? Le système public n’est pas gratuit, nous en supportons le coût vous et moi à travers les taxes et impôts que nous payons et qui permettent à l’état de financer les établissements publics.

Nos campagnes de promotion dans tout le Maroc comme à l’étranger nous amènent dans les lycées publics au même titre que dans les lycées privés.

Notre mission est de participer à la construction de notre pays et du continent à travers la formation des ressources humaines dont les entreprises ont besoin. L’enseignement supérieur privé doit être accessible à tous.

A l’Université Privée de Marrakech nous estimons que le financement des études ne doit pas être un obstacle.

Pour lever cet obstacle éventuel, nous avons mis en place un service d’aide au financement dont la tâche est d’accompagner nos étudiants et leurs familles dans la recherche de la solution la mieux adaptée à leur situation financière.

La Fondation de l’Université Privée attribue également chaque année des bourses d’études aux  plus méritants et travaille aussi en partenariat avec d’autres fondations qui financent les études de jeunes marocains et africains.

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