Quand HEM initie les dialogues en humanité…

Quand HEM initie les dialogues  en humanité…

Une conférence en partenariat avec l’Institut français du Maroc

Si la conscience est présente chez tout être humain, ceci n’induit pas automatiquement que les individus ont tous conscience de leur conscience.

Pour créer le débat sur la définition de la conscience, la façon de la réveiller et de la nourrir, HEM a organisé vendredi dernier une conférence. L’événement, en partenariat avec l’Institut français du Maroc, a associé des intervenants engageant des formes de pensées diverses.  Il s’agit de Malek A. Boukerchi, Abdelahad Fassi Fihri, Patrick Viveret, Jean Winand, Golda El Khoury, Joseph Schovanec et Kenza Sefrioui. Malek A. Boukerchi est ultramarathonien, conférencier, philo-conteur de «Anthropologie du lien social» et «Guetteur-Tisseur de rêves». Abdelahad Fassi Fihri, ministre de l’aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, a également été associé au débat. Patrick Viveret est philosophe et essayiste altermondialiste. Jean Winand gère le service d’Egyptologie et est le doyen honoraire de la Faculté de philosophie et lettres à l’Université de Liège. Golda El Khoury est directrice de l’Unesco pour le Maghreb. Enfin Joseph Schovanec est philosophe et voyageur autiste. Militant pour la dignité des personnes autistes, son discours aura permis de rajouter une touche particulière à la noble cause humaniste ! Si les discours ont divergé selon les expériences et les profils des intervenants, tous ont été unanimes à confirmer que «l’être humain est en perpétuelle quête de soi sur sa vie, ses choix, ses attentes». Selon le panel, «c’est cet ensemble de ressentis, ce souhait de vivre des choses extraordinaires qui crée et alimente l’éveil au niveau de la conscience et de l’âme». Ce qui paraît philosophique est en fait le point de jonction d’un ensemble de faits qui permettent de créer une prise de conscience et à terme des états d’âme.

Motivation, déception, rancœur et joie seraient, entre autres, les sentiments qui pourraient découler de cet exercice. L’intelligence émotionnelle en est le résultat quand tous les paramètres chez l’individu sont décryptés à leur juste valeur.

La conférence a permis aussi de différencier la conscience de l’âme. Si les deux paramètres peuvent évoluer ensemble, l’un peut exister sans l’autre. «A travers la conscience, nous recherchons une liberté, une passion, voire une transcendance. Lorsqu’elle se réveille, ce moment de libération peut évoquer chez certains une lumière spirituelle intense et très puissante». L’angle d’attaque du débat est fixé.

Les organisateurs ont retenu ce thème car si la conscience est présente chez tout être humain, ceci n’induit pas automatiquement que les individus ont tous conscience de leur conscience. «Ce n’est qu’une fois ce stade dépassé que nous pouvons penser à la nourrir. Ce travail intérieur permet à l’Humain de se nourrir de toute expérience qui lui a été donnée, il l’aspire comme une énergie vitale qui lui permettra d’atteindre son but ultime : Grandir et réussir à trouver une réponse à la vie, à ses choix, et à ses besoins», expliquent à juste titre les porteurs de la thématique au sein de l’établissement. Un sujet poignant qui s’inscrit dans le cadre des «Dialogues en humanité», un évènement international créé à Lyon en 2003 autour de la question humaine.

«Le sage vit dans la conscience de la difficulté et n’en souffre pas.», Lao Tseu, père fondateur du taoïsme

L’objectif étant de réunir les savoirs de tous les peuples pour lutter contre l’impuissance et l’indifférence. Car c’est aux sages de proposer des voies inspirantes à l’humanité. L’idée est en effet de réunir des personnes issues du monde politique, du monde de l’entreprise, des associations, des intellectuels, des artistes, de grandes institutions internationales et tout citoyen curieux pour tenter de répondre collégialement à sept questions représentant le défi pour construire un autre monde. La question de la paix est primordiale et se trouve au premier rang des priorités. Face à la logique de guerre, il s’agit de construire une logique de paix à travers le monde.

La solidarité est la seconde question retenue dans le sens où face à la misère et la pauvreté, il s’agira d’établir des logiques de solidarité. Concernant la démocratie, les organisateurs se sont fixé comme objectif de créer une qualité démocratique face au déficit démocratique. La rencontre des cultures a également été retenue comme un défi à relever face au choc des civilisations. Il s’agira de créer le dialogue entre les cultures. L’humanisation de l’humain représente également un défi et pas des moindres. Face à l’inhumanité de chacun il s’agira en fait d’apprendre à grandir en humanité. «Face à une technique sans conscience, comment responsabiliser et donner du sens à la science?», telle est l’avant-dernière question qui renvoie directement à la révolution du vivant. Enfin le défi lié à l’’écologie a été retenu de telle sorte à ramener l’individu à prendre conscience de la nécessité de construire un nouvel art de vivre. A l’heure où les sociétés sont confinées dans des environnements agressifs où stress et tension sociale promettent d’être les premières causes des burn-out il est clair que les enjeux d’une telle thématique se justifient à plus d’un titre. Edifiant.

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