Une journée à l’école de pilotage de Benslimane

Formation du personnel navigant commercial et pilote de ligne

Nous sommes sur le tarmac de l’aérogare de Benslimane. Ça et là, plusieurs avions et «coucous» de diverses tailles et sous de nombreuses formes occupent le bitume de l’aérogare.

Un grand hangar en particulier attire toutefois notre attention. Il s’agit de celui de la CFPNC Academy, école où sont formés des pilotes de ligne, mais également des techniciens de maintenance, des hôtesses de l’air, des stewards et des agents sol. A l’entrée de l’école plusieurs jeunes stagiaires pilotes, dans leur uniforme impeccable, font leur break entre deux cours. Tous ont dans le cœur la passion de voler et ont décidé de faire de leur vocation un métier à temps plein.

Réaliser le rêve d’Icare… pourquoi pas ?

La CFPNC Academy est aujourd’hui en plein renouveau et en pleine expansion. «Nous allons introduire de nouveaux avions et de nouveaux systèmes de fonctionnement. Nous entamons également de nouvelles coopérations internationales avec les Européens», nous explique Pierre Sabittoni, directeur de la CFPNC.

L’école en est actuellement à sa 7ème promotion d’élèves. Ici on monte à bord de l’avion, on vole sur des bimoteurs, de même que l’on se familiarise au métier à l’aide de simulateurs, on initie à l’utilisation des instruments, etc. Même les manœuvres en jet sont reproduites dans leur plus petit détail. Dans un grand simulateur les étudiants sont placés en immersion dans de petits jets (à double réacteur), mais également dans des simulateurs reprenant fidèlement les conditions de pilotage d’un 737 de dernière génération par exemple. Quand les élèves achèvent ce cursus, ils ont déjà à leur actif près de 300 heures de vol et ils peuvent se préparer aux entretiens avec de grandes compagnies aériennes. La formation dispensée est professionnelle et non récréative. Son coût total est de 800.000 DH pour 36 mois de cours.

Tout le monde peut devenir pilote… ou presque !

Mais qui est donc éligible pour devenir pilote ? La réponse est «tout le monde»! A condition toutefois que vous ayez un niveau Bac scientifique (sciences expérimentales ou sciences mathématiques). Si c’est le cas, vous passez alors un test. Si vous ne le réussissez pas, vous devez savoir que la CFPNC Academy dispose de  plusieurs moyens didactiques pour vous mettre à niveau. Les futurs pilotes peuvent choisir de passer leur formation en français ou en anglais.

S’ils ne maîtrisent pas suffisamment l’anglais, ils pourront toujours rectifier le tir grâce à une première année entièrement dédiée à la maîtrise de l’anglais et au système général de l’aviation civile. Durant cette première année, les étudiants ne vont pas toucher d’avion et resteront cloués au plancher des vaches, cantonnés à l’étude théorique ! Ce n’est qu’à partir de la seconde année qu’ils pourront réaliser leur rêve d’Icare ! S’ils choisissent de faire la formation en français, ils peuvent aller jusqu’à la licence de pilote professionnel, voire aux instruments ou multi moteurs. En revanche, s’ils veulent devenir pilotes de ligne, l’anglais leur sera obligatoire.

Pénurie de pilotes en Afrique !
L’Afrique aura besoin de près de 4.000 pilotes dans les 10 années à venir et il faut les produire ces pilotes ! Déjà, plusieurs pays africains commencent à sélectionner des élèves dans les grandes écoles avant de les envoyer au Maroc pour qu’ils soient formés par la CFPNC. Actuellement en Afrique, seules Kenyan Airline, Ethiopian Airline et South Africa Airline possèdent des centres de formation de pilotes qui leur soient propres, et ce dans tout le continent.

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