Grâce à son école de broderie, Fadila El Gadi dote des jeunes filles d’un métier

Grâce à son école de broderie, Fadila El Gadi dote des jeunes filles d’un métier

Entretien avec Fadila El Gadi, styliste

L’aventure n’aura pas été dénuée d’embûches. Mais grâce à des efforts soutenus et des mécènes de qualité, les fruits du labeur commencent à se faire remarquer. Après trois ans d’existence, en effet, l’école de broderie de la styliste Fadila El Gadi a réussi à placer des jeunes lauréates dans l’un des plus célèbres ateliers Motex de Paris. L’école gratuite de la styliste entend ouvrir des voies à des jeunes qui n’ont pas eu la chance de poursuivre leurs études. Le récit d’une aventure qui peut être un modèle pour la reconversion des jeunes sans avenir…

ALM : Quelle a été votre motivation à ouvrir une école de broderie?

Fadila El Gadi : L’école a un objectif double. Tout d’abord cet établissement permettra aux nouvelles générations de maîtriser et de perpétuer l’art de la broderie, en protégeant à la fois cette tradition et culture pour leur permettre de vivre et d’accompagner l’évolution de notre modernité et permettre à un certain nombre de jeunes qui ont déserté le système scolaire par manque d’écoute, d’accompagnement et de suivi rapproché, de trouver une issue pour leur avenir. Depuis que j’ai commencé ma carrière, j’ai toujours pensé à la préservation de cet art et à la relève. C’est un projet qui a grandi dans mon cœur d’abord et a pu voir le jour ça fait 3 ans…

Quels sont les types de broderie que vous enseignez à l’école?

Nous enseignons tous les types de broderie marocaine et même des fois nous décrochons des stages de broderie à l’étranger pour nos jeunes lauréates dans le cadre de partenariats.

De combien de personnes l’équipe pédagogique est-elle constituée?

L’équipe est constituée d’une dizaine de personnes toutes disciplines confondues.

Quelles sont les réalisations de l’école depuis sa création?

L’école est une grande réalisation en soi. Malgré les difficultés rencontrées lors du lancement, nous avons réussi à faire un cursus de trois ans dont la troisième année est en cours et que nous avons inscrit des élèves pour une nouvelle promotion 2018-2021.

Mais la plus grande réalisation c’est de voir au quotidien la joie de ces jeunes créer quelque chose de beau avec leurs mains et en être fières devant tout le monde. C’est aussi voir comment cet art ancestral peut procurer autant de bonheur dans nos temps présents.

Vous avez réussi à placer deux jeunes lauréates de votre école de broderie en stage chez le célèbre atelier Montex à Paris. Racontez-nous cette belle aventure…

Les deux jeunes sont issues de la première promotion de l’école, elles sont à leur troisième année qui a pour objectif de faciliter l’intégration dans le marché du travail et le développement d’une vision professionnelle du métier de brodeuse pour la haute couture. Le choix de découvrir Paris et ses ateliers de grands couturiers n’est pas fortuit. En plus d’avoir réalisé un stage à Montex représentant la maison de Chanel, les filles ont eu l’occasion d’en effectuer un autre à l’école Duperré. Ce complément académique couplé à une immersion culturelle leur a permis de connaître une autre école où la broderie est enseignée et un autre système pour échanger avec les élèves de cette dernière. Ce stage représente une première étape, d’autres viendront au fur et à mesure.

Comptez-vous signer des contrats de partenariat avec des établissements français?

Oui, des partenariats verront le jour avec différents établissements français et autres.

Vous êtes dans un système de formation professionnelle mais privé. Quels sont les profils des lauréates?

Il est important de signaler que l’école n’est pas du tout payante pour les élèves. Elle fonctionne à ce jour grâce à des personnes qui croient à ce projet, des volontaires et des mécènes.

Quels sont les débouchés à court et moyen termes?

Nous sommes devant des lauréats qui sont issus d’une école unique, expérience unique et devant un marché de l’emploi non organisé dans ce domaine. On ne peut pas parler de débouchés standards. Nous armons nos lauréats à être davantage créatifs dans leur métier et son développement, et nous travaillons pour les accompagner dans ce sens. C’est cela le vrai empowerment de la jeunesse.

Quels sont vos projets à court et à moyen termes dans ce domaine?

Pour le moment, je me consacre à fond au projet de l’école pour le consolider et à mon atelier.

Quel serait le message que vous aimeriez passer à des jeunes qui sont en perte de vitesse dans leur avenir?

Gardez la foi, l’avenir ne vient pas à vous, c’est vous qui le construisez.

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