Harcèlement moral au travail – Témoignages des victimes : «J’allais à mon lieu de travail la boule au ventre…»

Harcèlement moral au travail – Témoignages des victimes : «J’allais à mon lieu de travail la boule au ventre…»

L’herbe est peut-être verte ailleurs, c’est en tout cas la solution que choisissent certaines victimes de harcèlement au travail pour sortir de leur calvaire.

Découvrez les témoignages de Mina, Mehdi et Nouaim.

 Mina, 27 ans 

Responsable en communication et marketing

«J’ai été recrutée dans une société basée à Tanger il y a quelques années. C’était quelques jours seulement après avoir obtenu mon diplôme en communication. Je m’étais rendue dans cette boîte avec tous les espoirs, la motivation et le sérieux que cela demande. Même avec le peu de moyens, la société a réussi à se faire une place dans un milieu très compétitif. Mon cauchemar a commencé avec le changement de direction. Les réunions s’enchaînaient sans aucun échange constructif et les humiliations au quotidien ne cessaient de se multiplier. Mon ancien «boss» dévalorisait le travail de l’équipe, et allait jusqu’à proférer des insultes envers les uns et les autres. J’avais l’impression que lui-même traversait une crise. La pression montait au travail et le malaise était pesant, évidemment le rendement de l’entreprise en a pris un coup. J’allais à mon lieu de travail la boule au ventre et ça a commencé à avoir des répercussions sur ma santé. Malgré un salaire confortable et des avantages sociaux, j’ai décidé de quitter l’entreprise et cet environnement anxiogène. Actuellement, je travaille dans une société de communication sise à Casablanca. Mon actuel patron est un vrai visionnaire. En trois ans nous avons réussi à tripler notre chiffre d’affaires. Par contre, j’ai gardé des séquelles de mon ancienne expérience. A chaque fois que je me rends à Tanger, les mauvais souvenirs me reviennent avec une sensation d’étouffement qui me hante».

Nouaim, 42 ans

Professeur universitaire et ancien cadre dans un ministère

«J’étais chef de division RH dans un ministère après avoir fait mes études à Londres. En rentrant au Maroc, je voulais vraiment faire partager l’expérience que j’ai acquise à l’étranger. Très vite mes espoirs ont commencé à s’effriter. En fait j’étais le bouc émissaire de mon directeur. Il ne ratait pas une occasion pour me rabaisser devant tout le monde : administrateurs, stagiaires, visiteurs, etc. Ces humiliations se manifestaient souvent par des insultes. J’ai commencé à perdre du poids jusqu’à atteindre moins de 50 kg alors que je fais plus de 1m80. Tous mes collègues me faisaient des remarques sur mon état de santé et ma perte de poids vertigineuse. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de reprendre mes études, à savoir mon troisième cycle pour obtenir un doctorat et intégrer l’enseignement supérieur. Aujourd’hui je ne regrette pas cette décision. Je suis actuellement enseignant en management RH à l’Université».

Mehdi, 36 ans

Chef d’entreprise et ancien responsable commercial

«J’étais responsable commercial dans une société. Je subissais presque au quotidien un harcèlement moral de la part de ma hiérarchie, blagues offensantes, injures, remarques déplacées sur mon physique. J’ai commencé à remettre en question mes compétences mais j’ai très vite compris qu’on se comportait ainsi avec moi parce que je remplissais mes objectifs de vente. C’était très difficile à supporter, je ne voulais pas rentrer dans son jeu. Je n’ai jamais envisagé d’engager une procédure judiciaire par peur de perdre mon unique source de revenu. En décembre 2016 et après mûre réflexion, j’ai décidé de quitter mon entreprise pour créer ma propre boîte et je ne vous cache pas que les affaires marchent plutôt bien».

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