Introspection : Le soufisme et le coaching débattus à la Fondation Attijariwafa bank

Introspection : Le soufisme et le coaching débattus à la Fondation Attijariwafa bank

«Soufisme et Coaching. Rencontres d’ici et d’ailleurs», paru aux Editions Tarik, et coécrit par Patricia Lambert, Master Certified Coach, et Mouhcine Ayouche, Professional Certified Coach vient d’être présenté à l’espace Actua de la Fondation Attijariwafa bank.

C’était le 24 mai dernier que les auteurs ont été invités ainsi que les experts interviewés à la nouvelle édition du cycle de conférences «Echanger pour mieux comprendre» de la Fondation. La salle était comble. Car le sujet interpelle. Les différences culturelles des auteurs qui se sont prêtés au jeu de l’échange avant la co-écriture aussi. Le débat est profond puisqu’il renvoie à la question existentielle dans le cadre de la quête de l’axe de l’homme pour son équilibre. C’est l’essence même du coaching. Le soufisme dans ses aspects spirituels rappelle cette quête de soi nécessaire pour être bien dans sa peau. Le coaching ne permet-il pas aux leaders, aux équipes de trouver leurs repères et de travailler leur corps et leur esprit en vue d’être plus performants ? Oui. Et l’introspection est nécessaire.

Pour justement faire valoir cette condition sine qua non, les auteurs ont conçu cet ouvrage sous forme de dialogue. Les co-auteurs ont écrit l’ouvrage sous forme de questions posées à Faouzi Skali, anthropologue et Christian Lestienne, psychologue clinicien et coach professionnel. Leurs propres avis étant clairement valorisés aussi. De son côté, Ismaïl Douiri, DG du Groupe Attijariwafa bank, dans son mot de bienvenue, a rappelé qu’ «en ce mois de piété, de spiritualité et de partage, la Fondation Attijariwafa bank a choisi de s’intéresser aux valeurs véhiculées, depuis plusieurs siècles, par le soufisme, et de voir dans quelle mesure celles-ci pouvaient être une source d’inspiration pour une technique d’accompagnement aussi moderne et laïque que le coaching».

A l’instar de la manière dont a été écrit le livre, la conférence a également permis d’échanger avec une salle hétérogène où coachs, artistes, journalistes, cadres ont bien voulu jouer le jeu de l’écoute active avant de poser leurs questions. Les co-auteurs ont tenu à expliquer leur démarche s’agissant de deux personnes qui sont loin culturellement. «Nous avons privilégié la mise en miroir de deux mondes distincts en mettant de côté toute logique de comparaison», précisent-ils. Les échanges avec la salle ont également mis en avant les atouts du soufisme comme source d’inspiration potentielle du coaching. «Le soufisme appelle à l’émancipation et à la convivialité qui peuvent toutes deux contribuer à l’amélioration des rapports humains, dans la joie et la tolérance. De ce fait, le soufisme peut être d’un apport précieux au coaching qui est, certes, un nouveau métier en plein essor, basé sur la laïcité, mais qui a pour mission d’insuffler du lien social dans nos sociétés en crise» (extrait du livre).

A lire assurément. Certains l’ont lu et relu car la richesse des propos s’invite d’elle-même.

Choix d’extraits …

« (…)La maieutique a été redécouverte en Occident grâce au monde de l’Islam. Il y a là une parenté profonde. Le coaching en tant qu’éveil de l’être à sa liberté opère à travers l’élégance d’une mise en action, d’un acte profondément éthique, qui amène du bien-être en général, et notamment dans le monde du travail ou dans la vie. C’est une quête accompagnée. Toutes les techniques qui nourrissent le coaching, notamment celles de la futurisation de créativité, visent à faire accoucher de ce potentiel. La futurisation est un outil d’accompagnement en coaching visant à aider la personne coachée à se percevoir dans le futur hors des contraintes actuelles. Il s’agit de mettre la personne coachée en situation d’imaginer de la manière la plus claire et précise possible ce qu’elle réalise dans sa vie à une échéance donnée. Socrate, implacable dans ses dialogues, acculait l’autre à une crise de représentations et à une reconfiguration radicale de sa vision du monde. Le maître zen, tibétain ou soufi ne fait pas autre chose en maniant le paradoxe et l’énigme. Derrière tout cela, il y a une vision. Que faisait le chaman améridien ou de Sibérie ? Il était là pour l’autre et se faisait écho de l’invisible, de l’insaisissable ou du «soi», dirait Jung. Tout le travail était de remettre l’autre dans son axe, de le réaligner à l’ordre implicite qui lui assignait une place dans l’univers. Accoucheur d’âme, il élevait le symptôme à l’état de message. Il n’était question que de sens perdu ou à renaître. Qu’en est-il aujourd’hui après trois siècles de rationalisme matérialiste ? Beaucoup de compassion, d’empathie certes, mais si peu de «non» à un monde auquel nous devons nous adapter. Combien de coachs pour crier que la logique imposée est inacceptable? Le rêve de bien-être hédoniste fait parfois affront à la part de mystère, de sacré qui nous a fait naître. Alors que faire ? Puisque par ailleurs, je ne sais pas ce qui est bon pour vous et que mes conseils, si j’en donnais, ne seraient qu’emplâtre ou pacotille (…) ».       

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