L’Anapec «squatte» les universités: 12 agences universitaires devraient être opérationnelles d’ici 2020

L’Anapec «squatte»  les universités: 12 agences universitaires devraient être opérationnelles d’ici 2020

Le plan de développement 2016-2020 de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) se veut ambitieux. En termes d’objectifs, l’Agence vise la formation de plus de 550.000 bénéficiaires, l’intégration de 445.000 chercheurs d’emploi dans le monde du travail, l’accompagnement de 20.000 bénéficiaires des programmes auto-emploi, la création de 10.000 TPE et coopératives ainsi que la création de 30.000 emplois.

Pour parvenir à ces objectifs, le plan élaboré par l’Anapec s’articulera autour de 5 axes. Pour le premier axe, il s’agira de développer et professionnaliser l’intermédiation en emploi. Pour cela, l’Anapec a prévu la création de plusieurs agences. Le réseau devrait en compter 146 à fin 2020 : 74 sont déjà en service et 72 autres seront créées sur 5 ans.

L’autre mesure importante porte sur la création des agences universitaires. A l’horizon 2020, il sera procédé à l’ouverture d’une quarantaine d’agences au sein des universités, des établissements de formation professionnelle et des institutions émanant des différentes fondations à caractère social (Fondation Mohammed V pour la solidarité, Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des anciens détenus…).

Au total, 12 agences universitaires devraient être opérationnelles d’ici 2020. Les agences de Rabat et Kénitra sont déjà ouvertes et celle de Casablanca est à dynamiser. Pour faire bénéficier les populations rurales des prestations (information, inscription, conseil, consultation des offres d’emploi…), l’Agence a prévu la création d’agences mobiles. Par ailleurs, l’Anapec compte consolider l’intermédiation à l’international à travers plusieurs actions: la pénétration de nouveaux marchés européens, notamment allemand, renforcer les initiatives lancées en direction du Canada et  des Etats-Unis ou encore arrêter une stratégie de prospection efficace en direction des pays du Golfe.  

Quant au second axe, celui-ci a trait au déploiement des offres de services adaptées et de qualité au profit des chercheurs d’emploi. A ce niveau, il s’agira, entre autres, d’améliorer la formation qualifiante pour permettre aux chercheurs d’emploi d’acquérir les compétences demandées par le marché de l’emploi. L’Agence prévoit également de faciliter l’accès au premier emploi pour les jeunes diplômés en concluant des partenariats avec les cabinets d’intérim pour des stages et en poursuivant l’amélioration des contrats-insertion qui visent la première expérience professionnelle.

L’autre action importante a trait à l’amélioration de l’activité féminine. A ce sujet, l’Anapec signale que le taux d’activité féminine n’est que de 22% au niveau national et de moins de 14% en milieu urbain. La population féminine active est peu qualifiée et sous-employée. L’amélioration de leur situation passe par la mise en place d’un programme global, intégré et consensuel.

La contribution de l’Anapec se fera à travers plusieurs actions, notamment en promouvant l’autonomie des femmes, via la création d’activités, par un appui à l’auto-emploi. Pour appuyer l’insertion des bénéficiaires de l’indemnité pour perte d’emploi, l’Anapec procédera à l’amélioration du dispositif d’accompagnement en partenariat avec la CNSS et l’OFPPT.

S’agissant du 3ème axe du plan de l’Anapec, il s’agira de promouvoir les initiatives territoriales pour l’emploi et œuvrer au développement de l’auto-emploi. Pour ce qui est du 4ème axe, il est question de développer l’ouverture de l’Anapec, améliorer la transparence du marché de l’emploi et assurer un appui sur mesure aux secteurs et aux entreprises. Enfin, le 5ème axe porte sur le renforcement des capacités organisationnelles, managériales et professionnelles de l’Agence.

Etat des lieux de l’emploi au Maroc

La situation de l’emploi au Maroc se caractérise par des disparités du taux de chômage, une prépondérance de l’emploi privé et  un système d’éducation et de formation insuffisamment adapté.

L’ANAPEC estime que le taux de chômage cache de grandes disparités aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif. En milieu urbain, il est de 14,8 %, mais il reste supérieur à 16 % dans la région de l’Oriental. Il atteint, par ailleurs, 20,1 % chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans et dépasse 22 % et 24 %, respectivement chez les détenteurs d’un  diplôme spécialisé et les diplômés de l’enseignement supérieur ayant suivi des formations générales dispensées par les facultés. Autre constat: le secteur public fournit, actuellement, moins de 10%  des emplois au Maroc, contre plus de 90 % pour le secteur privé, dont 45% en emplois salariés, en évolution par rapport à 2000 (38%). L’auto-emploi y occupe 30,2% des actifs répartis en indépendants (27,7%) et employeurs (2,5%); les aides familiaux atteignent un taux de 22 %, les apprentis 0,5% et «autres situations» 2,3%. Parmi les autres obstacles, il y a lieu de relever la sous-qualification et le poids de l’informel.

A ce sujet, l’ANAPEC relève que 62% des actifs n’ont aucun diplôme, 26,6% ont un diplôme de niveau moyen alors que 11,4% seulement ont un diplôme de niveau supérieur. L’emploi informel  concerne, hors secteur agricole, 37% des actifs, dont plus de 62% exercent sans contrat de travail. Selon le HCP, près de 80% des actifs ne bénéficient pas de la couverture médicale, avec un pic de près de 95% en milieu rural. L’emploi non rémunéré représente 22,5% au niveau national et 41,6% en milieu rural, touchant particulièrement les jeunes et les femmes.
 

Les objectifs en chiffres

Le plan de développement de  l’ANAPEC vise une évolution annuelle de 10 à 15 % de ses réalisations entre 2016 et 2020,   sur la base des objectifs suivants :

• Emploi salarié : 445.000 personnes placées sur des  contrats de droit commun ou des contrats exonérés  ou aidés   

• amélioration de l’employabilité : 554.000 bénéficiaires  des différents programmes de formation mis en œuvre  directement par l’ANAPEC dans le cadre de partenariats (Taettir, formation qualifiante partenariale, OFPPT, Entraide nationale, établissements d’agriculture, d’artisanat, INDH…) ou d’ateliers de recherche d’emploi   

• orientation professionnelle : 510.000 bénéficiaires   

• auto-emploi : plus de 20.000 porteurs de projets accompagnés, avec la création de 10 000 TPE/AGR et la génération de plus de 30.000 emplois au total.
 

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