Le crowdfunding : à quand au Maroc ?

Le crowdfunding : à quand au Maroc ?

C’est le 30 septembre prochain que l’association Maroc Entrepreneurs Paris et l’association Financement Participatif Méditerranée organisent une conférence sous le thème : «Le crowdfunding : un nouveau levier de développement de l’entrepreneuriat au Maroc».

L’événement qui se déroulera dans les antres de l’université de Paris- Dauphine permettra de mettre sur le tapis cette approche de financement participative, existant depuis la nuit des temps mais non encore explorée au Maroc. Et pourtant ce moyen permet de financer très rapidement les TPE !

Le débat devra susciter des réactions au Maroc… La diaspora marocaine représentée par l’ONG y compte. Elle en fait son lobbying pour trouver les moyens de financement lors d’un éventuel retour au pays de certains de ses membres ou des porteurs de projets qui leur demanderont main forte. C’est dans cette optique que les deux associations organisatrices ont mis le paquet pour dénicher un panel d’intervenants connus du monde financier de telle sorte à en démontrer les enjeux.

Prendront en effet part au débat, André Jaunay, coprésident de Financement Participatif Méditerranée et vice-président de Financement Participatif France, Arnaud Poissonnier, fondateur de Babyloan, Stéphanie Savel, présidente de Wiseed, Thameur Hemdane, patron de CoFundy et Afrikwity, Mehdi Ouchallal, conseiller chez STC Partners, et Ibrahim Diabakhate, DG de NXVision. L’opportunité à instaurer du crowdfunding au Maroc sera essentiellement l’angle d’attaque de la conférence.

Ses bénéfices ayant déjà été évalués en France, la diaspora marocaine compte faire son lobbying auprès des officiels marocains pour booster l’entrepreneuriat. Si cette méthode, basée sur le financement participatif est courante en Europe, aux Etats-Unis et même dans d’autres continents, au Maroc ce principe n’est pas encore en effet autorisé par les instances concernées. Le principe existe pourtant depuis le 18ème siècle. Son impact s’est fait sentir d’une manière très significative dans les années 2000.

«Les premières approches du crowdfunding ou financement participatif sont nées lors du lancement de la campagne de récolte de fonds pour la construction de la Statue de la Liberté, dans le quotidien New York Journal. Depuis cet avènement, les Etats-Unis sont indéniablement considérés comme la terre du crowdfunding et comptent désormais 95 plates-formes en activité», rappellent les membres de l’association Maroc Entrepreneur Paris présidée par Hicham Benyoussef.

Au pays de l’Oncle Sam, IndieGoGo et Kickstarter respectivement créées en 2008 et 2009 sont les entités les plus connues en matière d’investissement en capital. Au fil des ans et compte tenu de l’intérêt de cette nouvelle alternative pour financer surtout la TPE (très petite entreprise), l’Europe a suivi le pas et compte aujourd’hui 70 plates-formes dans le domaine. Une trentaine d’entre elles sont en phase de démarrage.

KissKissBankBank, figurant parmi les pionnières sur le marché. Selon une étude du cabinet BDO, 5ème réseau mondial d’audit et de conseil, «le crowdfunding représentait 152 millions de fonds collectés sur les plates-formes en 2014 contre 27 millions d’euros en 2012». Les résultats sont réels. «Les projets d’innovation et de création d’entreprises ne cessent d’éclore aux Etats-Unis, en Europe ou encore en Asie». Au Maroc, la réglementation constitue une réelle entrave au fort potentiel local.

Les contrats monétiques ne sont pas adaptés à la collecte de fonds sur les plates-formes de crowdfunding nécessitant l’établissement d’un statut bancaire spécifique… Et c’est pour ces raisons essentiellement que les entrepreneurs préfèrent s’installer à l’étranger, comme en France où le crowdfunding est réglementé.

«Dans ce cadre, l’ordonnance du 1er octobre 2014 vient renforcer et légaliser davantage cette pratique. Une stratégie qui a permis la collecte, depuis 2010, de plus de 220 000 euros à travers le monde pour soutenir plus de 70 projets pour un montant moyen de 3 300 euros», précisent les organisateurs. Le Maroc devra penser à légiférer en faveur de cette pratique financière pour apporter des solutions concrètes au financement de la TPE et la PME. Le débat demeure ouvert ! Les doléances de la diaspora marocaine aussi …

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