Leadership féminin: L’AFEM s’assume. Des success stories faisant foi

Leadership féminin: L’AFEM s’assume. Des success stories faisant foi

Sa justification est claire lorsque l’on sait que le taux le représentant n’a guère évolué depuis plusieurs années et n’atteint que les 10%. Et c’est bien dans ce sens que la consultante Wassila Kara Ibrahimi, modératrice de l’événement et membre actif de l’AFEM, a ouvert le bal en posant la question de savoir «pourquoi justement les femmes sont encore très peu représentées dans une population où les proportions hommes/femmes sont presque identiques ?».

Selon Driss Kiskes, un des intervenants, journaliste, écrivain et directeur du magazine Economia, «les hommes ont pris trop de place. On devrait se faire plus discret pour laisser à la femme de la place». Ceci dit, l’avis du journaliste demeure personnel car il a été démontré selon plusieurs études que les mentalités grèvent encore l’accélération de ce leadership féminin. Celle effectuée dernièrement par l’AFEM et réalisée par le cabinet conseil LMS le met clairement en exergue. Et pourtant si les freins inhérents à la société marocaine sont réels, certaines qualités nécessaires à l’entreprise ont été identifiées uniquement chez la femme.

Selon Driss Ksikes qui représente également le centre de recherche de HEM, «la ténacité et l’imagination sont des qualités plus féminines, en effet, et l’économie marocaine a besoin de ces deux critères pour évoluer dans le bon sens».  Pour Ahmed Chami, entrepreneur et qui a été à la tête du ministère du commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies, pendant cinq ans, «ce serait idiot de se priver de la seconde moitié de la population et en plus de la meilleure moitié… Le rôle de la femme est primordial pour le Maroc». 

L’ancien ministre fera bien aussi de rappeler que lorsqu’une politique publique est établie, les responsables ne pensent pas forcément genre et c’est là où le bât blesse… «Les opportunités sont offertes à tout le monde mais on a identifié un certain sentiment d’hésitation de la part des femmes quand il s’agissait d’investir dans les secteurs nouveaux identifiés dans le programme Emergence, à savoir l’automobile, l’aéronautique et les NTIC». Il est clair que les métiers considérés exclusivement dédiés aux hommes ne séduisent pas forcément les femmes… La perception de la femme n’étant pas la même que l’homme, ses attentes demeurent différentes.

Et c’est d’ailleurs à ce titre que Larbi Belarbi, diplomate et membre du CES, fait remarquer qu’«il existe une rupture entre la femme et l’homme quand celle-ci enfante. Ayant des responsabilités en plus, une rupture entre les deux sexes se fait entre 30 et 40 ans. Et quand elle revient sur le marché du travail, ce n’est plus la même chose». Ces constats sont réels et émanent des trois études réalisées par le Conseil. Il reste que le rôle du conseil demeurant limité, c’est à l’exécutif de prendre l’initiative d’étudier les résultats des investigations pour prendre les décisions qui s’imposent. Pour l’heure, on n’en est pas là. Aucune stratégie genre ne transparaît clairement pour affirmer le poids de la femme dans l’économie marocaine.

Les résultats demeurent réels avec un taux de chômage chez la population féminine dépassant les 30% contre environ 11% chez les hommes. Les exemples de réussite sont toutefois réels aussi. Ils dénotent un désir fort d’indépendance et de fierté chez elles. C’est le cas de cette jeune femme qui a su se hisser dans la société malgré le fait que sa formation n’a pas dépassé les bancs de l’école primaire, à cause d’un père réfractaire aux études scolaires pour la femme. Elle a décidé de s’accrocher et de donner tous ses moyens à son rêve.

Elle est aujourd’hui tapissier et ses enfants sont inscrits à Descartes ! La jeune femme a trouvé des facilités à faire son entrée dans les foyers rbatis. C’est le cas aussi d’une ambassadrice d’Avon qui a pu devenir directrice de zone grâce à son désir de réussir. 90 chefs de zones et 1.500 représentantes de la marque sous sa houlette, la dame a pu acquérir un appartement de 1,35 MDH ! La création de valeurs et de richesses ayant été pérennisée.

Bref, ces deux témoignages renvoient au fameux adage américain Yes we can! Le leadership féminin s’installera tôt ou tard car la volonté est là. Elle existe au plus haut niveau de la hiérarchie de la nation…

Quand Myriam Maestroni, présidente d’Economie d’Energie SAS, inspire les autres femmes entrepreneurs…

Après 20 ans de responsabilité, Myriam Maestroni, celle qui a été à la tête de Primagaz avec plus de 1.200 d’effectifs entre les différents sites de la société (France, Espagne et Pays-Bas) a préféré écouter son cœur pour quitter son poste. Animée par une volonté de créativité, elle décida sous l’impulsion de certains collaborateurs de racheter l’une des filiales de la société de gaz, spécialisée dans le conseil en énergie.

Son défi a été de créer un nouveau métier. «Nous devons changer les perspectives et ce métier crée la différence», se plaira-t-elle à affirmer à une audience bien à l’écoute des performances atteintes par la jeune femme, arborant un sourire dénotant une pointe de fierté affirmée. Elle ne cessera de rappeler lors de son intervention que lorsqu’une femme a un rêve, elle peut arriver à ces fins. Yes I do ! Le rêve américain comme l’avait si bien décrit Joe Biden, le vice-président des Etats-Unis, lors de sa visite au Maroc. La femme entrepreneur n’omettra pas de rappeler, néanmoins, que seules 1% des femmes issues de l’enseignement supérieur créent leur propre entreprise. Le défi est encore énorme.

 

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