L’emploi au Canada: Difficile de percer au pays de la glace !

L’emploi au Canada: Difficile de percer au pays de la glace !

Le Québec souffre d’une pénurie de main-d’œuvre et compte sur l’immigration pour stimuler son économie. Les nouveaux arrivants peinent cependant à trouver des emplois qui correspondent à leurs compétences. Dans ce milieu, le taux de chômage avoisine les 30%. Surqualification, problème de reconnaissance des compétences et manque de réseautage et de références, sont quelques-uns des freins à leur entrée sur le marché du travail.  

Nouveau pays, nouveaux défis. L’un des premiers qui se pose pour le nouvel arrivant au Québec, c’est incontestablement celui de trouver un emploi. Avec 50.000 nouveaux immigrants par an, l’entrée sur le marché du travail n’est cependant pas aisée. Le taux de chômage des nouveaux arrivants est estimé à 27% dans la région de Montréal contre un taux de chômage global de 7,5%. Pourtant, les organismes d’accompagnement et d’aide à la recherche d’emploi sont nombreux.

Ceci sans compter que le ministère de l’emploi au Québec encourage l’embauche chez les entreprises à travers des subventions d’une valeur de 60% du salaire pendant une année. D’une manière globale, le gouvernement fédéral alloue des fonds importants pour l’intégration des immigrants. Des budgets en progression qui ont atteint 320 millions de dollars canadiens en 2013 contre 104 millions de dollars en 2000, est-il indiqué. Mais visiblement cela ne suffit pas pour endiguer les entraves à une bonne intégration des immigrants, bien que la question soit au cœur des programmes de tous les partis politiques. Le cliché «du chauffeur de taxi diplômé en médecine» ou encore de «l’ingénieur qui travaille dans un call center» traduit bien le problème que vivent les immigrants en la matière. E.J El Kawni, jeune quadra, installé au Québec depuis plus de 8 ans, est un véritable exemple du malaise que vivent les immigrés diplômés.

Titulaire de deux maîtrises respectivement en biochimie et microbiologie ainsi que d’un master en biotechnologie industrielle, avec à son actif une expérience professionnelle, il peine depuis trois ans  à trouver un emploi qui corresponde à ses compétences. Les causes de cette situation de mal-emploi des immigrés sont multiples. Elles sont même multidimensionnelles, de l’avis de nombreux observateurs. Pour eux, la discrimination à l’embauche, le problème de reconnaissance des compétences et de l’expérience hors Québec et parfois la surqualification des candidats à l’emploi sont quelques-unes des barrières qui freinent véritablement l’intégration des immigrants.

Les nouveaux arrivants souffrent aussi d’un manque de réseautage et d’absence de références locales. Ceux d’ailleurs qui tentent de contourner les disparités liées au marché de l’emploi en faisant un retour aux études se retrouvent freinés par la suite par le manque d’expérience québécoise. De plus, la région de Montréal où se concentre la majorité de la communauté maghrébine semble aujourd’hui saturée et offre peu d’opportunités d’emploi aux nouveaux arrivants.

Il reste pour ces derniers de ne pas avoir peur de commencer professionnellement au bas de l’échelle ou de se reconvertir dans des niches plus porteuses, ou encore de tenter leur chance en région où il semblerait que les offres d’emploi sont plus nombreuses. La solution cependant au phénomène du mal-emploi des immigrants repose plutôt sur une gestion intégrée de ce chantier à travers une politique d’immigration en adéquation avec les besoins du marché du travail canadien.

Santé

Le système de santé québécois est public. Un régime universel d’assurance permet à toute la population un accès aux services hospitaliers et médicaux à la charge de l’Etat.

Si ce dispositif peut se prévaloir d’un faible coût et des services équitables, les québécois montrent du doigt plusieurs dysfonctionnements.

L’accessibilité aux soins est l’un d’eux. Il faut en effet s’armer de patience pour avoir un rendez-vous avec un médecin spécialiste et l’attente aux urgences pour être traité peut excéder dix heures et même plus si les signes vitaux du patient ne sont pas en danger. Il est conseillé pour un bon suivi médical d’être affilié à un médecin de famille. Il faut cependant attendre trois ou quatre ans pour en avoir un.

Difficile pour tous d’avoir recours aux médecins du privé où le service est très onéreux et le nombre de médecins limité. Le Québec compte environ 300 médecins dans le privé contre 19.000 praticiens affiliés au régime public, est-il indiqué. Aussi, plus de 95% de la population n’a de choix que de s’adresser au public.

DNC à Montréal, Malika Alami

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