Marché du travail au maroc entre 2000 et 2014: A peine 1.000 emplois par an dans l’industrie !

Marché du travail au maroc entre 2000 et 2014: A peine 1.000 emplois par an dans l’industrie !

De 2000 à 2014, le Maroc a connu la création moyenne de 129 mille postes d’emploi par an. Ainsi, le volume de l’emploi au niveau national a basculé de 8,84 millions en 2000 pour atteindre les 10,64 millions en 2014. C’est ce que souligne le Haut-Commissariat au Plan (HCP) dans sa dernière note relative au marché du travail au Maroc.

Sur les 1,80 million d’emplois créés au niveau national, le milieu urbain détient une part de 71% contre 29%pour le milieu rural. Le HCP dans sa rétrospective 2000-2014 indique que les nouvelles créations ont profité aux actifs hommes (73% des emplois créés) contre 27% pour les femmes. Au- delà de l’approche genre, l’âge se veut également un indicateur de disparité. Les bénéficiaires des nouvelles créations sont surtout les adultes âgés de 40 à 59 ans, soit 100 mille emplois par an. Ceux âgés de 30 à 39 ans en ont décroché que 50 mille.

En revanche, les jeunes de 15 à 29 ans ont perdu, entre 2000 et 2014, 25 mille emplois chaque année. Le HCP attribue cette perte aux efforts d’élargissement de la scolarisation ainsi qu’au prolongement de la durée de scolarité. En termes de qualification de l’offre de travail, le HCP révèle que l’accès aux diplômes reste encore faible et limité à certaines catégories d’actifs. Les plus favorisés sont les actifs âgés entre 15 et 24 ans. Cette population représente une proportion de 53,1%. Les actifs dont l’âge oscille entre 25 et 39 ans représentent 49,1% au moment où les personnes âgées de 40 à 59 ans ne dépassent pas les 32,6%.

Le HCP souligne également que les services restent de loin le secteur pourvoyeur d’emploi au niveau national. La moyenne de création annuelle dudit secteur est estimée à 87 mille emplois, soit 67% du total des emplois créés. Les BTP arrivent en deuxième position avec 31 mille emplois (24%), suivis de l’agriculture, forêt et pêche ayant créés 10 mille postes (8%) puis l’industrie (y compris l’artisanat) avec  mille postes (1%). Toutefois, la répartition sectorielle de la population active occupée a connu, sur la période 2000-2014, d’importants changements ; caractérisés par une tertiarisation progressive de l’emploi et l’émergence de certains secteurs dynamiques. Zoom sur les principales mutations.

L’exode rural impacte l’agriculture

Bien qu’il soit le premier employeur dans le monde rural, «l’agriculture, forêt et pêche» a observé, sur les 14 années, une baisse tendancielle passant au niveau national de 45,9 à 39,4%. En milieu rural, le poids est passé de 80,9 à 74,5% en 2014. Le HCP attribue cette décélération à l’exode rural, l’extension des périmètres urbains, l’attractivité de certains secteurs de production notamment les BTP et les services ainsi que par l’introduction de nouveaux modes de production faisant appel à plus de mécanisation et nécessitant moins de main-d’œuvre.

L’industrie perd ses parts d’emploi

L’industrie a suivi le même trend baissier que l’agriculture. Sa part d’emploi total s’est située autour de 11,1% en 2014 contre 13,2% en 2000. La proportion en milieu rural est passée de 23,1 à 17,9% en 14 ans. Le repli du poids des activités traditionnelles suite à la modernisation du mode de production de certaines activités a impacté l’emploi dans le secteur. Le HCP explique la baisse de la part de l’industrie de l’emploi également par l’émergence de nouvelles industries caractérisées par une forte valeur ajoutée , par l’utilisation de plus de capital et moins de main-d’œuvre ainsi que par les effets de la concurrence internationale sur les exportations et sur la demande intérieure des produits du secteur.

Le BTP, 2ème niche des actifs non diplômés

Contrairement aux deux secteurs susmentionnés, le BTP a accru sa part dans l’emploi total. Se référant au HCP, cet essor est appuyé par l’impulsion des grands projets d’infrastructure et d’expansion des activités immobilières. «Entre 2000 et 2011, le BTP a été l’un des secteurs les plus dynamiques avec 47 mille postes d’emploi créés annuellement, soit un emploi nouveau sur 3 (31,1%). A partir de 2012, ce dernier a entamé une phase de récession qui s’est traduite par des pertes de 21 mille emplois en 2012, de 50 mille en 2013 puis par une stagnation de son volume en 2014», relève-t-on du HCP. Notons que l’emploi dans ce secteur est caractérisé par une faible qualification. En 2014, le BTP emploie la deuxième plus importante proportion des actifs occupés n’ayant aucun diplôme (63%), et ce après l’agriculture (84,2%).

Les petites entreprises boostent l’emploi dans le privé

Près de 90,4% des actifs occupés travaillent dans le privé. Cette proportion fut de 88% en 2000. Entre 2000 et 2014, le privé dans l’urbain a raflé une part de 82,9% contre 76,7% en 2000. En milieu rural, la part du privé a stagné autour de 98%. «Cette part enregistre des niveaux importants dans certains secteurs d’activité économique», souligne le HCP. Précisant qu’«en 2014, elle a oscillé entre 77,3% dans les services et 99,4% dans les BTP».

La création d’emploi dans le secteur privé revient plus aux petites entreprises dont l’effectif ne dépasse pas les 10 employés. Ces petites structures sont à l’origine de 64,5% des emplois créés depuis 2000. Le même constat est relevé dans le secteur privé non agricole où cette proportion a atteint 64,4%.

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