Promotion de l’emploi : Un plan en attendant la mise en œuvre !

Promotion de l’emploi : Un plan en attendant la mise en œuvre !

Baisser le taux de chômage et le ramener au seuil de 8,5% d’ici 2021, c’est la principale mesure prise par le gouvernement en matière de promotion de l’emploi. Un Plan de développement régional (PDR) a été mis en place pour y parvenir dans la région de Rabat-Salé-Kénitra.

Il faut croire qu’à ce jours, la Stratégie nationale de l’emploi, présentée il y a deux ans, n’aura guère accéléré le processus ! Des divergences d’opinions entre les différentes parties prenantes auraient, en effet, retardé son application. Prenant en compte cette distorsion, l’approche régionale actuelle recrute plusieurs instances pour essayer de résoudre la fameuse équation de l’adéquation-emploi. Ministère de l’emploi et de l’insertion professionnelle, Anapec et experts du Bureau international du travail (BIT), tous ont été associés au lancement des ateliers du programme. Le but étant d’élaborer, dès le départ en tenant compte des avis des uns et des autres pour arriver à un consensus. Son application en sera facilitée. Le coup d’envoi donné directement par le ministre de l’emploi et de l’insertion professionnelle signe un état d’urgence.
Trois ateliers sont prévus à cet effet. Le premier validera la démarche. Le second fera un diagnostic du marché de l’emploi (état des lieux des projets en cours). Enfin, le dernier devra identifier tous les objectifs pour une meilleure efficience.

Car si le chômage a diminué en points, il n’en demeure pas moins que la capacité d’insertion professionnelle des employeurs se limite, ces dernières années, à des profils bien précis et dans des secteurs bien déterminés (voir dernière étude de ReKrute.com).
Les chiffres les plus récents, datant de 2005, révèlent, en effet, que le taux de chômage a été ramené de 12,9 à 10% entre 2014 et 2015. Cela dit, les taux de chômage des diplômés demeurent inquiétants. En 2015, il a été signalé en effet que le taux de chômage des lauréats du supérieur est de 18% contre 15,4% d’un diplôme moyen et 3,8% pour les sans diplôme.
Le principal défi se situe à ce niveau et le chiffre de 10% est à analyser sous toutes ses facettes. Et c’est dans cette optique que les focus groupes mis en place devront, sans plus tarder, identifier les projets par branche et secteur d’activité pour pouvoir orienter ces jeunes diplômés sur les voies professionnelles les plus adéquates…
Le discours de l’accompagnement, le conseil et la reconversion revienent donc avec cette fois une nouvelle donne : la régionalisation. Le fait d’affiner les projets par branche devrait faciliter l’identification des niches d’opportunités. L’évaluation des profils existant déjà sur le marché du travail mais sans emploi est prévue parallèlement.
L’inadéquation guette. C’est dans cette optique qu’un focus groupe est prévu pour la détermination des contraintes. Le futur dispositif régional de formation, d’intermédiation et de mise en œuvre des programmes régionaux est le nouveau défi à relever.
La priorisation des actions devra s’accompagner de mécanismes de pilotage de  l’ensemble du programme régional.

A l’échelon national, le Programme national pour la promotion de l’emploi (PNPE) vise la création de postes selon les projets structurants pour ne citer que le Plan Maroc Vert, la politique industrielle, celle liée à l’offshoring il y a déjà quelques années…). Il a été identifié, par ailleurs, lors de l’élaboration de la stratégie nationale, en 2015, que 60% des postes seront créés dans les services. Les chiffres demeurent encore disparates et ne permettent donc pas d’établir encore des corrélations directes entre les projets structurants et leurs impacts en termes de promotion d’emplois.

La problématique de l’inadéquation est réelle et a été identifiée clairement depuis le lancement du programme Emergence en 2007. 10 ans après, l’auto-entrepreneuriat est proposé en renfort. Il reste que les jeunes diplômés n’ont pas forcément les assises financières nécessaires pour entrer dans la cour des grands. La problématique des délais de paiement, à elle seule, paralyse le processus.

Bref, le chômage ne pourra être résolu qu’en amont. Et l’amont représente l’éducation. Les erreurs d’orientation -non conformes à celle du marché de l’emploi- des jeunes ont grevé les chiffres du chômage. L’écueil s’aggrave de jour en jour. On en est là non pas par faute de moyens mais par faute de visions, les décennies antérieures !
A suivre…

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